CINQUIÈME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
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jy Es tableaux précédens ont suffisamment fait concevoir quel était le trouble, le désordre,a gitation de Paris . Chaque instant y apportait de Versailles des nouvelles qui, vraies011 fausses , redoublaient la fermentation générale. Les lieux publics, les jardins, les^ a fés, n’offraient partout que des grouppes d’hommes avides de parler ou empressés d’en-^ re 5 et, dès le matin de cette journée mémorable, un pressentiment inquiet avait^ ai t sortir de leurs maisons les citoyens les plus paisibles. Les amis, les voisins se visitaient;es mdifférens même s’abordaient avec cet air de confiance, de bienveillance mutuelle ,naît du sentiment d’un péril et d’un intérêt communs. Dès la veille, un bruit sourd,Se tait répandu que M. Necker était disgracié, et l’on connaissait les dispositions de la^ 0ll r peu favorables pour ce ministre. Elle pardonnait rarement à ceux qui avaientl’objet d’un enthousiasme universel, semblable à celui qu’il avait fait naître le jourla séance royale; et de pareils triomphes étaient représentés par les courtisans comme^ Quelles offenses pour le trône. Cependant telle était à Paris l’opinion qu’on avait de^ • Necker, du besoin que la cour même avait de lui, qu’on supposait la cour convaincuecette vérité autant que la capitale. Cet homme célèbre jouissait alors, dans une*^°narchie, d’une popularité que les démagogues les plus heureux ont rarement obtenuej^ s l es républiques : on se plaisait à voir en lui l’homme du peuple et l’ami de la liberté,était en effet, mais dans des limitations alors inconnues. Revenons à ce moment du2 juillet qui associe le triomphe de M. Necker aux premiers mouvemens de la liberté
hissante.
-A- peine la nouvelle de sa disgrâce et de son départ fut-elle répandue et confirmée,a consternation devint générale : dans une partie du peuple elle se manifesta par des^uportemens, par une fureur aveugle qui le poussa à incendier plusieurs barrières :aïls l’autre, elle se montra par une douleur profonde, mêlée d’indignation : bientôt ellecaractérisa par tous les signes qui annoncent une calamité publique. En un moment011 retrouva partout le deuil de la patrie. Tandis que des multitudes de citoyens ferment
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