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Tome premier.
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SIXIÈME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

LES GARDES-FRANÇAISES SAUVANT M. DU CHATELET, LEURCOLONEL, DE L’EFFERVESCENCE POPULAIRE.

S’

fallait se borner à développer les circonstances principales des tableaux que nous

P re sentons au public, quelques lignes suffiraient à celui que nous mettons en cet instant

Sotls ses yeux. Il serait seulement nécessaire de rappeler, comme un fait incontestable,

^6 les gardes-françaises, en sauvant leur général, triomphaient d’un ressentiment qu’ils

paient même déjà fortement exprimé. Cette circonstance à part, le sauver d’un péril

■^minent n’eût été que leur devoir, et même un acte d’humanité vulgaire. Mais ils le

gardaient comme leur ennemi; et là commence la générosité, disons même l’héroïsme,

P Ul sque leur haine s’était récemment montrée d’une manière menaçante et dangereusepour sa

Ici nous nous arrêterions, ou du moins nous nous contenterions d’exposer les détailse c et acte de générosité, s’il ne rappelait ce que doit la révolution française à ces bravess °ldats, dont un petit nombre était à la vérité gagné par les largesses des orléanistes,^ais dont ] a p reS q Ue totalité ne voyait, en soutenant la révolution, que la réforme,esirée par tous les esprits sages, des anciens abus, portés à leur dernier période. Le^flistère, persuadé, par l’habitude de leur obéissance, qu’ils étaient une portion de lui-, crut, en perdant leur secours, voir ses bras se séparer de lui. Sa surprise,^êlée d’une terreur profonde, s’accrut encore et fut au comble quand il les vit sev °Uer a la cause publique. U passa tout-à-coup du sentiment exagéré de sa force auintiment de sa faiblesse. Cette espèce de miracle, qu’il avait cru impossible, n’étonnaPourtant que lui. Depuis long-temps on observait le mécontentement de toute l’armée,e tous les corps qui la composaient; et ce mécontentement, loin d’éveiller l’attentiones ministres et des chefs sur les moyens de le calmer, ne semblait que les provoquermultiplier les fautes et les imprudences. Les chefs fatiguaient à pure perte leursm 0r donnés: ceux-ci, par une vengeance imprévoyante, avaient, dans la lutte du roi etParlemens, excité en secret à la désobéissance leurs soldats, qu’eux-mêmes avaientoqueniment indisposés. Comment ne s’apercevaient-ils pas qu’ils minaient a l’envi lesoodernens d’un édifice ébranlé, prêt à s’écrouler sur eux ? On eût dit que le ciel lesbeuglait pour les perdre; caractère de cette fatalité imposante que l’histoire des siècles

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