QUATORZIÈME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
PRISE DES ARMES AUX INVALIDES.
N
^ 0üs avons montré, dans celui de !nos tàbleaux qui représente le peuple gardantans y comment tous les mouvemens particuliers concoururent aux mesures généralesP°Ur la défense d’une ville menacée de tous les fléaux, assaillie de tous les dangers. LePremier besoin de ce peuple à qui le pain manquait , c’était des armes ; ce mot était leCri universel. On demandait des ordres pour aller ên chercher dans tous les dépôts: on allait en solliciter ou en enlever dans les maisons particulières. On soupçonnait^ es Invalides d’être un des magasins. Le peuple s’écria qu’il fallait y courir.e ) a d se mettait en marche , lorsque le corrtité permanent engagea M. Ethis de Corny ,Procureur du roi , d’aller officiellement en demander au gouverneur des Invalides . Cet^fficier, militaire estimable, se trouvait ainsi placé dans la cruelle alternative de manquera son devoir envers le roi, ou de répandre à pure perte le sang d’une multitude deses concitoyens. Un régiment d’artillerie était caserné dans l’enceinte de l’hôtel. Ony avait , depuis quelque temps, déposé une quantité considérable de fusils j et rien neProuve mieux quels formidables projets on avait formés contre la capitale , puisqu’indé-pendamment de trente mille hommes armés qui l’environnaient de toutes parts , ona vait préparé d’avance un si grand amas d’armes destinées , sans doute , atix ennemis^nelle renfermait dans son sein , ou qu’on espérait d’y introduire. Mais cette mesure,£°mnie tant d’autres, tourna contre les auteurs du complot. L’unanimité de l’insurrection,^energie qui, dès le dimanche , s’était manifestée dans toutes les classes du peuple ,Concertèrent le gouvernement , et lui firent craindre que ces armes déposées aux^valides , et destinées à contenir les Parisiens , ne servissent au contraire à leur défense.es ministres se décidèrent à les faire enlever. Mais la surveillance générale des citoyensa yait rendu cette entreprise difficile. On ne put la tenter que pendant la nuit, et on ne*ynssit a en soustraire qu’une partie. Après en avoir chargé onze voitures, on fut contraint
Abandonner le reste. qui fut caché sous le dôme , et enseveli sous des monceaux dePaille.
Il est remarquable que le peuple marchait a cette expédition comme à une victoireyctaine, quoique l’enceinte des Invalides , bordée de canons tournés depuis quelquesl°urs contre Paris , eut pu lui inspirer quelque effroi. Sans doute il ne pouvait sePCsuader que ces vieux guerriers se permissent contre lui aucune exécution sanguinaire :
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