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Tome premier.
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VINGT-QUATRIÈME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

CANONS enlevés de différens châteaux et transportés

A PARIS . ÉTAT DE LA CAPITALE. EFFETS DE LABOLITIONSUBITE DES DROITS FÉODAUX.

Nous avons, dès le commencement de cet ouvrage, présenté la révolution sous laspecto une guerre sans trêve, dun combat à mort entre les castes privilégiées et les classesplébéiennes. Cest en effet à quoi se réduisait cette grande question. Mais , par malheur,Ces deux élasses opposées étaient confondues sous le nom générique de Français ; etVoilà ce qui faisait illusion au peuple. De plus, il voyait parmi ses oppresseurs , ungrand nombre dhommes ennemis du gouvernement ; et dès-lors le peuple était portéa les croire ses amis.

Parmi ces prétendus amis, les uns , convaincus de la nécessité dun grand nombreréformes plutôt que dune révolution complète , voulaient pour la nation une certaineMesure de liberté dont ils espéraient se rendre les arbitres : dautres, redoutant lesviolences de la cour, que dès le commencement de la révolution ils avaient outragée ,Voulaient une constitution ferme et stable qui les mît à labri de ses vengeances : maiseiî désirant cette constitution , plus pour leur sûreté personnelle et pour les succèsleur ambition, que par amour pour la liberté, ils comptaient sur la dépravationdes moeurs publiques , qui, corrompant la liberté dans sa source , la rendraient illusoire.

Telles étaient, à louverture des États-généraux et au commencement de lassembléeNationale , les dispositions de ceux qui se portaient pour amis du peuple , connus alorsS0Us le nom de minorité de la noblesse. Mais après la prise de la Bastille , lorsque^ anarchie eut ouvert un libre cours à la licence , au brigandage , à 1 incendie desc hateaux, tous les nobles , de quelque parti quils fussent , saisis d une égalé terreur,^Rtirent également la nécessité de désarmer la vengeance dun peuple échappé tout-a c oup de ses chaînes. Il fallait chercher à le calmer, à ladoucir. Sans doute ce nestpoint calomnier la chevalerie française , ni même le cœur humain , de penser que ceSe Rtiment dune crainte commune, dun intérêt commun , ait préparé et en quelquesorte commandé labolition soudaine des droits féodaux , la renonciation à des privilèges

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