VINGT-HUITIÈME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
bruit sourd de la fuite prochaine du roi et d’une contre-révolution , la crainted’une guerre civile qui paraissait inévitable , alarmaient les provinces et la capitale.Sans cette situation des choses , les gardes-du-corps donnèrent, le i eT octobre , dans lasalle de l’opéra , au château de Versailles , un repas aux officiers du régiment deFlandre et à ceux de quelques autres corps qui se trouvaient dans cette ville. Plusieursofficiers de la garde nationale y furent aussi invités. Rien de plus innocent en apparence^Ue ce festin ; mais les circonstances criminelles qui l’accompagnèrent portèrent avecr aison la terreur dans les esprits. Il faut reprendre ici les évènemens d’un peu plushaut. Tandis que les gardes-du-corps formaient de coupables projets , d’un autre côtéfaction d'Orléans s’agitait en tout sens pour bouleverser la France , et forcer la coura quelque fausse démarche. Le peuple, fatigué de brigandage et d’anarchie , disposeP ar une foule de récits imposteurs et de journaux vendus à divers partis , aurait toutSupputé à la cour , et se serait jeté dans les fers du duc d’Orléans > en le proclamantr °h Rien ne peut cependant justifier les imprudences graves qui se commirent au repasc ta i er octobre , et les tentatives qui eurent lieu pour opérer une contre-révolution eta mener la guerre civile. Ce n’était pas le seul complot que la France eût alors àcraindre ; elle avait aussi tout à redouter d’un prince sans moeurs , sans délicatesse ,Possesseur de revenus immenses , entouré de ce qu’il y avait en France d’hommescorrompus , et dont malheureusement plusieurs avaient toute l’énergie , et quelques-unstout le génie du crime 5 un prince à qui un Mirabeau , et depuis un Marat , unRobespierre , furent vendus , ainsi qu’une foule de journalistes. Ils séduisaient, égaraientta multitude ignorante d’autant plus aisément , qu’elle est toujours avide de nouveautés,ffii’elle adopte toujours de préférence les fables les plus absurdes , et qu’on lui promettaittoutes les béatitudes , toutes les chimères de l’âge d’or. Et dans quelles circonstances?da *s un moment où les impôts dont on avait foulé la ngtion , les lettres de cachet ,tas dilapidations des finances , les fastes des grands et du^ clergé , avaient depuis long-temps exaspéré les esprits. Les tentatives pour dissoudre l’assemblée nationale furent ,
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