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Tome premier.
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11 o TABLEAUX HISTORIQUES

heureusement pour la France , mal concertées. La séance royale ne pouvait guèremieux réussir. Quoique le roi , par ses déclarations , accordât, ou, si lon veut, restituâtà la nation beaucoup plus quelle naurait osé espérer avant la convocation des États-généraux , les propositions quil fit parurent insuffisantes aux communes , qui sentaientalors toutes leurs forces , et qui avaient compris que rien nétait capable de leur résister.Il y eut encore une grande imprudence de la part de la cour dans le rassemblementdes troupes quelle confia au maréchal de Broglie à lépoque des i 3 et 14 juillet.

Lassemblée constituante était divisée en plusieurs partis: il y avait celui des modérés,et celui des exagérés. Ces derniers servaient infiniment la faction dOrléans , les uns sansmême sen douter, les autres parcequils lui étaient vendus. Il y avait encore le partides royalistes. Dun autre côté , les nobles qui sétaient rangés du parti populaire avaientleurs vues particulières. Elles sétaient développées lorsquil fut discuté dans le corpslégislatif si lassemblée serait partagée en deux chambres , ou réunie dans une seule.Les ouvrages de Voltaire et de Montesquieu avaient aussi donné à la constitutionanglaise beaucoup de partisans en France , et surtout dans la minorité des députés dela noblesse au corps législatif. On admirait léquilibre de ces trois pouvoirs , qui , sanscesse aux prises lun contre lautre , se balancent mutuellement, et arrêtent les effortsque chacun en particulier aurait voulu tenter contre la chose publique. Les partisansdune chambre unique regardaient cet équilibre prétendu comme un traité de paixentre trois puissances coalisées pour le maintien des abus existans dans lÉtat ; et, sansnier quon se trouvât bien en Angleterre de cet accord , ils ne croyaient pas que lesFrançais fussent dans les termes dun semblable accommodement. Lunité de chambrefut décrétée. Dès cet instant, ceux des nobles et des évêques qui sétaient ou avaientvoulu se populariser se rapprochèrent de la cour. 11 faut encore observer ici que lajuste terreur quinspiraient la faction dOrléans , le pillage des grains , lincendie deschâteaux, les progrès effrayans de lanarchie , concouraient à rallier la plupart desesprits autour du roi. Il sagissait de profiter de cet accord, et de le mieux cimenter.A cet effet on prétend quon voulut gagner le roi à se transporter à Metz . Mais ceprojet na jamais été prouvé, et cest peut-être une des inventions des Orléanistes.

A cette époque quelques régimens avaient été de nouveau introduits dans Versailles pour soulager les habitans de cette ville qui gardaient lasssemblée nationale et le roi.La défiance régnait entre toutes les classes de lÉtat. Le roi non seulement différait lapromulgation des décrets du 4 août , mais encore lacceptation des lois constitu-tionnelles décrétées jusqualors. Lassemblée était divisée. Paris ressentait les horreursde la famine, organisée par le duc dOrléans , qui, par des personnes interposées, avaitfait enlever et transporter dans les isles de Jersey et Guernesey une quantité immensede grains.

Ce fut dans ces malheureuses circonstances que les gardes-du-corps donnèrent unrepas qui eut des suites bien funestes. La cour employa , pour sassurer deux , lesmoyens les plus capables de les persuader. On leur fit sentir combien la famille royale,et même toute la France , couraient de dangers , daprès les progrès que faisait la factiondOrléans .

Les gardes-du-corps indiquèrent le jeudi premier jour doctobre pour le festin quils