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Tome premier.
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DE LA R ÉVOLUTION. x3i

M ^ es occasions de récompenser la vertu. Vous lui direz que les peuples libres sont“ frères , que la France et l’Angleterre se doivent une estime réciproque , et que» l’objet d’ambition le plus digne d’elles est d’assurer le bonheur de l’humanité. »

Ainsi la première couronne civique décernée en France fut placée sur le front d’unAnglais . La municipalité ne voulut pas que l’Angleterre ignorât cet acte de fraterniténationale. Mais , malgré le titre de peuple libre que portent les Anglais , à qui pouvait-elle s’adresser à Londres pour annoncer cette nouvelle ? La société de la révolutionparut la seule à qui cette communication pût être faite. Le secrétaire de la communef«t donc chargé de lui écrire. Nous devons consigner ici et cette lettre et la réponse.

Messieurs,

« Un jeune homme de votre pays a , dans une émeute populaire, sauvé la vie àw M. Planter , notre compatriote , en courant des dangers pour la sienne. La commune» de Paris , qui vient enfin de recouvrer tous ses droits , a pensé que la manière la» plus convenable de s’acquitter envers cet Anglais généreux était de lui donner laM première couronne civique qu’elle ait pu encore offrir.

» Je me fais gloire , Messieurs , de vous annoncer cet acte de justice , en vousM assurant de l’émotion vraiment délicieuse qu’a excité la solennité , nouvelle pour nous,» dont je joins ici le procès-verbal.

» Le vœu que je forme à présent, Messieurs , c’est qu’un Français puisse mériter“ la même récompense \ je suis persuadé que vous la lui offririez avec un pareila empressement. »

Le secrétaire de la société répondit ainsi, au nom de tous ses membres , au secrétairede la commune :

Monsieur,

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« La société de la révolution à Londres a entendu avec le plus sensible plaisir lalecture des procès-verbaux que vous lui avez fait passer de l’assemblée des repré-sentai de la commune de Paris relativement à l’affaire de M. Planter et au généreuxsecours que lui a prêté M. Nesham. Nous avons appris avec la plus grande satisfactionle trait aussi vertueux qu’héroïque d’un de nos concitoyens ; et la récompense hono-rable décernée à M. Nesham, pour avoir eu le bonheur de contribuer à sauver la vieà M. Planter, nous paraît une preuve frappante de la générosité publique des citoyensde Paris et de leur amour pour la vertu. Savoir si bien apprécier le mérite dansautrui, c’est annoncer qu’en pareil cas on tiendrait une conduite aussi louable.

» La société de la révolution est extrêmement flattée de voir les Français de plus enplus disposés à entretenir avec les Anglais un commerce d’amitié. Nous désironsextrêmement que ces sentimens dominent chaque jour davantage , et qu’une estimesincère et une affection cordiale unissent constamment les citoyens de Pans et ceuxde Londres .

» C’est à regret que nous voyons dénigrer dans quelques discours et dans quelquesécrits publics en Angleterre les nobles efforts du peuple français pour recouvrer etpour consolider sa liberté. Il y a malheureusement dans tout pays des gens aussidépourvus de sentiment que de lumières : mais soyez assure que ces écrits , quelqu’en soit l’auteur , et ces discours , dans quelque assemblée qu’ils soient prononcés,n’excitent pas moins l’indignation à Londres qu’à Paris .

» La société de la révolution partage bien sincèrement les sentimens exprimes par