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Tome premier.
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TRENTE-SIXIÈME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

favras faisant amende honorable en face de la

PRINCIPALE PORTE DE NOTRE-DAME , LE 19 FÉVRIER 1790.

Lie procès de M. de Favras , dont nous avons donné quelques détails intéressans dansle 32 œe - tableau, est un de ceux qui ont fait le plus de bruit dans le commencement dela révolution. Cet homme ambitieux , né sans fortune, avait passé presque toute sa vieà combiner les moyens d’en acquérir. Il avait été mousquetaire, capitaine de dragons,lieutenant des gardes-suisses de Monsieur , frère du roi. Il s’était fait connaître de laprincesse d’Anhalt, persécutée pour cause de religion , méconnue, déshéritée , repousséepar sa famille. Il l’épousa , soutint ses droits , l’y rétablit , contraignit le père de safemme à lui faire une pension de mille florins, et commença par ce mariage à se donnerquelque existence. La révolution de Hollande, en 1785 , lui parut favorable aux vuesde son ambition. Il partit avec le projet de lever une légion pour le service desProvinces-Unies . La médiation armée du roi de Prusse détruisit bientôt après la libertébatave et les projets de M. de Favras . Des plans de finance et de liquidation des dettesde l’État occupèrent alors cette tête ardente *, et, dans les premiers temps de la révolutionfrançaise, un travail sur cet objet, présenté par lui au ministre , dut être soumis àla discussion dans l’assemblée nationale.

Avec le roi, avec la cour, avec l’assemblée nationale , M. de Favras quitta Versailles ,e t vint continuer ses intrigues à Paris . Son projet était d’enlever le roi, et de le conduireà Péronne. Douze cents chevaux devaient être rassemblés à Versailles , en partir a jourfixe , arriver à Paris la nuit sur trois colonnes. Une partie de la garde soldée , desSuisses , et grand nombre de conjurés venus de province , se seraient joints dans laville à cette cavalerie. On aurait surpris la garde , et, en cas de trop forte résistance,on l’eût égorgée. On en eût fait autant du maire et du commandant de la garde nationale.Réunis ensuite aux Champs-Elysées, on serait entré aux Tuileries . Des voitures se

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