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TRENTE-HUITIÈME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
travaux du champ-de-mars , le 4 juillet 1790 .
Uepuis long-temps nous attristons nos lecteurs , et nous nous attristons nous-mêmes ,e *i retraçant les criminels efforts des ennemis de notre liberté pour entraver sa marchee t arrêter le cours de ses triomphes. Toujours , il est vrai, ses combats finissent pardes victoires : mais s’il est dur de combattre sans cesse, lors même qu’on est sûr deVaincre , il l’est aussi de n’avoir à peindre ou à contempler que cette lutte éternelle ,quoique toujours heureuse , entre le bon et le mauvais génie de la France , entre lesmanœuvres des factions et les progrès de la raison universelle, entre le peuple et ses°ppresseurs. Nous voici parvenu enfin à une époque où nous pouvons reposer l’imaginationdes lecteurs et la nôtre sur de plus rians tableaux. Ici la révolution paraît toute brillante,toute rayonnante de gloire , de bonheur et de fraternité ; ici le peuple français , réunicomme une famille , présente le plus grand et le plus touchant spectacle dont l’histoirePuisse conserver le souvenir.
O temps heureux de notre république naissante , se développant dans son germe, etprête à rompre les liens qui la retenaient encore voilée sous l’enveloppe monarchique !Sur 26 millions de Français un seul million peut-être regrettait les anciens abus , et lavingtième partie tout au plus de cette faction nationale s’occupait de l’espoir et desmoyens de les rétablir. Tout le reste d’une population immense était unanime dans sesVœux ; et les refrains chéris de la vraie liberté , celle qui respecte les personnes et lesPropriétés, retentissaient à l’unisson dans le cœur de a5 millions d’hommes. Alors uneguerre meurtrière n’avait pas moissonné la fleur de notre jeunesse et mis tant de mereseïl deuil ; une guerre interne ne rongeait pas le sein même et les entrailles de la France :les partis subsistaient, mais une infinité de divisions déplorables n’avaient pas arméle faux patriote contre le vrai patriote , l’anarchiste contre l’homme de bien ; la férocitédes dissentions civiles n’avait pas altéré le caractère national j et , si quelques violencesInévitables avaient accompagné les victoires de la liberté , de larges effusions de sang
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