trente-neuvième et quarantième
TABLEAUX
r
REVOLUTION.
DE LA
FÉDÉRATION GÉNÉRALE , LE 14 JUILLET 1790.
RÉ JOUISSANCES, ET JOUTE SUR L’EAU, LE 18.
A L’ÉP o que de la fédération du i4 juillet, dont nous allons présenter ici à noslecteurs l’intéressant tableau , on était instruit à Paris des préparatifs que faisaientl’empereur et le roi de Prusse pour pénétrer en France à la première occasion favorable.Les manifestes de ces deux puissances , dont les papiers ne parlaient pas , étaient
colportés sous le manteau. On savait qu’après la mort de l’empereur Léopold , lesuccesseur de ce prince et celui du grand Frédéric avaient sommé conjointement lesétats de l’empire de fournir leur contingent pour cette entreprise. Le duc de Brunswick,
célèbre par ses talens militaires , devait commander l’armée combinée. Cette armée seformait déjà à Coblentz , où s’était faite la réunion des émigrés , favorisée par lesélecteurs de Trêves et de Mayence. Les deux frères du roi résidaient a Coblentz , et leprince de Condé au château de Worms. On parlait d’une proclamation publiée par leduc de Brunswick, dans laquelle, traitant la France comme un pays déjà conquis parLs armes , il ordonnait d’accueillir ses soldats comme des libérateurs , et menaçait lesfrançais , en cas-de résistance, des traitemens les plus rigoureux. Il annonçait la mortPour les rebelles pris les armes à la main, la destruction du corps législatif, et disait qu’ilanéantirait Paris par le fer et par le feu. Une seconde proclamation , datée de Coblentz ,
formait déj
enchérissait encore sur la première. Ce prince y déclarait que , si, contre toute attente ,et par les manœuvres des habitans de Paris , la famille royale recevait quelque outrage ,toutes les villes qui se rencontreraient sur sa route éprouveraient sa vengeance. Enfin°n commençait à avoir connaissance d’un traité conclu à Pilnitz , dans lequel les puis-sances de l’Europe se coalisaient pour accabler la France .
Dans l’intérieur, la disparution presque totale du numéraire entravait les échanges
s nécessaires à la vie. On arrêta la suite de cet inconvénient par l’émission des