S 01X AN TE-UNIE ME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
C’était sans doute une belle idée chez un peuple libre que celle de rendre à la Loides hommages solennels. Sa fête succédait naturellement à celle de la Liberté 5 et quellecirconstance était plus propre à la célébrer que l’instant où un magistrat courageux ,martyr de son devoir , venait d’apprendre à ses concitoyens que ce n’est qu’avec la viequ’on doit quitter le poste que la patrie nous a confié? Une telle solennité , revêtuede tous les ornemens dont pouvait l’embellir l’imagination, devait exercer sur unpeuple bien organisé une puissance morale incalculable. Le magistrat y aurait apprisà n’approcher qu’avec un saint effroi de ses fonctions redoutables 5 et l’arche de la Loi lui eût paru trop pesante à supporter. Les citoyens , d’une autre part, rendus à cettevénération profonde que son nom seul doit inspirer, se seraient pénétrés de cettevérité si nécessaire à connaître et à mettre en pratique , Les hommes vraiment libres sontesclaves de la loi. Pourquoi donc ce but important ne fut-il pas atteint? pourquoi cettefête utile et désirée fut-elle d’une exécution mesquine , et presque de nulle impressionsur le peuple ? c’est que les Jacobins regardèrent ces honneurs comme une critiquesanglante de la fête des soldats de Château-vieux , presque déifiés par eux en récompensede ce qu’ils avaient désobéi aux ordres de leurs chefs. Avoir provoqué la fête duvertueux maire d’Étampes , ou même avoir assisté à cette cérémonie dans une positionun peu remarquable , fut, dans la suite , un titre de proscription. Les Jacobins avaientencore un autre motif pour donner à cette fête , dans l’esprit du peuple , le sens lemoins favorable ; c’est qu’étant destinée à inspirer un profond sentiment de respectreligieux qu’on doit aux lois , elle était par cela même un grand obstacle à l’anarchiequ’ils voulaient propager dans toute la France sous le règne des Marat , des Lebon ,des Carrier. Enfin ils étaient indirectement les auteurs des soulèvemens arrivés à Étampes ,puisque c’était eux qni arrêtaient la libre circulation des grains , et organisaient partoutla famine , pour attribuer ensuite tous ces malheurs a ceux dont ils avaient juré laperte. On sait que le duc d’Orléans faisait passer nos grains aux Anglais , et qu’il enavait d’immenses dépôts dans les isles de Jersey et de Guernesey . On fut jusqu’à vouloir
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