SOIXANTE-QUATRIEME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
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C E fut dans le Midi que s’élevèrent les premières étincelles de la guerre civile quiembrasa depuis quelques-unes des plus belles contrées de la France ; c’étoit aussi danscette région qu’elle sembloit devoir faire le plus de progrès. Les passions des habitantsexaltées par la chaleur du climat , les divisions entretenues par la différence desreligions , jusqu’aux anciennes guerres civiles dont le Midi avoit été le théâtre , toutfaisoit croire , au commencement de la révolution , qu’il alloit éprouver encore unembrasement général. On a donc lieu d’être surpris que les malheurs du Midi se soientbornés aux troubles inséparables d’une grande révolution , et que ce soit loin de là ,sur les côtes de l’océan , que la patrie a reçu ces blessures profondes dont elle seressentira bien long - temps. Cette diversité d’opinions religieuses, qui paroissoit ungerme fécond de discordes , fut peut - être un des plus sûrs appuis de la révolution j etles protestants , qui se hâtèrent d’embrasser une cause qui leur restituoit tous leursdroits , lui donnèrent une prépondérance décisive dans les départements qu’ils habitoient.Le voisinage des places de commerce, et des ports de mer sur-tout, dut aussi contribuerefficacement au succès de la révolution : dans ces villes fréquentées par les hommesde toutes les nations , l’indigent même prend insensiblement une partie des mœursdes étrangers avec lesquels il commerce ; et cela , joint au sacrifice qu’il fait lui-mêmede ses habitudes natales, doit être envisagé comme le plus prompt acheminement versla perfection humaine , puisqu’il établit l’union et la fraternité universelles. Cetteinfluence a été si sensible en France , que toutes nos cités maritimes se sont signaléespar un patriotisme brûlant et soutenu depuis le commencement de notre révolutionqui ne devoit être que le triomphe de la raison sur les préjugés,
Le département de l’Ardèche avoit été depuis deux ans le théâtre particulier desrassemblements factieux , des tentatives criminelles de quelques révoltés , séduits etcommandés par des nobles et des prêtres , qui n’étoient restés dans leur patrie quepour la déchirer ^lus sûrement : leur plan correspondoit parfaitement avec celui desémigrés ; leur intelligence soutenue avec les freres de Louis XVI en les instruisant del’armement et de la marche des puissances étrangères * leur indiquoit ce qu’ils dévoient
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