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Tome premier.
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SOIXANTE-SIXIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

DINER DES MARSEILLAIS AUX CHAMPS-ÉLYSÉES ,

LE 3 o JUILLET 1792.

J J epuis la journée du 20 juin, qui avoit été provoquée non seulement par les vraispatriotes, mais aussi, quoique dans dautres vues, par les orléanistes et les brissotins,ces deux factions sétoient divisées , soit que les derniers reconnussent enfin leprofond abyme tant dexcès alloient plonger la France , soit quils commençassentà craindre que le duc dOrléans ne sélevât sur un trône que quelques uns dentreeux destinoient au duc dYorck , dautres au duc de Brunswick : car on avoit beaurépandre alors dans le public les idées dun gouvernement républicain, il est certainque les chefs de tous les partis , excepté les feuillants et les constitutionnels , nevouloient quun changement de dynastie. Mais les jacobins et les côrdeliers, qui nese désunirent que long-temps après cette époque, et qui étoient puissamment secondéspar lor du duc dOrléans , avoient auprès du peuple un bien plus grand ascendantque les girondins. Dès-lors on dut prévoir que ces derniers seroient bientôt lesdupes et les victimes des mesures extrêmes quils avoient été les premiers à provoquer.Ce quil y a de certain , cest que la haine qui sétablit entre ces deux nouveauxpartis devint plus violente encore que celle qui divisoit les jacobins et les feuillants.Les partisans de dOrléans et de Robespierre regardoient ou affectoient de regarderceux de Brissot et de la Gironde comme des déserteurs de leur cause , tandis queles feuillants nétoient pour eux, disoient-ils, que des ennemis déclarés, dont aumoins ils navoient pas à rédouter la perfidie. Cest daprès ces idées quils se tracèrentun nouveau plan de conduite, dont le but étoit denvelopper les uns et les autresdans la même proscription. Cest ainsi qualors la révolution nétoit conduite que pardes hommes en proie aux passions les plus furieuses, la vengeance et lambition, et

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