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Tome premier.
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s66 TABLEAUX' HISTORIQUES-

des maximes les plus populaires pour en faire le fondement de leur domination.,à des gens recommandables par leurs mœurs , par leurs lumières, qui ne reculoientdevant la révolution qui se préparoit, que parcequils prévoyoien| trop bien lesdésordres qui en seroient la suite , se joignoient des énergumenes, fanatiques prêtsà périr pour lancien régime dont ils neussent pas voulu voir réformer un seul abus.Mais il faut sur-tout calculer cette immense et funeste faction dOrléans dont la justecrainte a peut-être forcé la cour à tant de fausses démarches, et dont les ramifications,au moyen des sociétés populaires , sétendoient dun bout de lempire à lautre. Parune fatalité cruelle, lignorance et la barbarie ont seules profité pendant long-tempsdu triomphe remporté sur le trône; et le premier qui ait osé (en 1791 ) écrirele Républicain , lillustre et malheureux Condorcet , est mort accusé de ne vouloir pasla république.

Le décret du 8 août, qui déchargeoit M. de Lafayette daccusation, avoit augmentéleffervescence populaire : le corps législatif, en paroissant vouloit tramer en longueurla déchéance du roi, que de nombreuses pétitions de toutes les parties de la Francesoîlicitoient depuis, long - temps , ne fit que hâter lexplosion du mécontentementgénéral. Linsurrection prit dès-lors le caractère le plus menaçant. Les membres quiavoient voté pour M. de Lafayette furent publiquement insultés ; tous ceux qui étoientconnus par leur attachement à la royauté furent poursuivis par le peuple : lecommandant de la garde nationale reçut plusieurs coups de sabre ; et lassemblée futinstruite par les autorités constituées que la générale devoit être battue et le tocsinsonné à minuit , et quun rassemblement armé devoit se porter sur les Tuilçries. Ilnappartient quà ceux qui ont vu de près ces évènements de justifier le corps législatifde limputation quon lui a faite de navoir pas empêché cette insurrection tandisquil le pouvoit, et de navoir pas ôté aux mouvements populaires toute linfluencequils dévoient nécessairement avoir dans la suite, en se mettant lui-même à la têtede la révolution quon alloit faire. Enchaîné par la constitution, comment auroit-ilosé la violer en attaquant lautorité quelle avoit créée ? Et quand il auroit voulu ladéfendre, comment lauroit-il pu faire contre la force dopinion qui le proscrivoit ?opinion dautant plus prononcée que le progrès des lumières avoit rendu le peupleplus jaloux de sa liberté. Cétoit un combat à mort entre les républicains et la royauté,et chacun sy prépara sérieusement.

Des commissaires des quarante-huit sections de Paris sétoient rendus à la maisoncommune dans la journée du 9, et ils avoient cassé la municipalité , à lexception dumaire et du procureur-syndic. Cet acte hardi, qui les déclaroit en insurrectionouverte, fut suivi de toutes les mesures quil étoit nécessaire de prendre pour assurerle succès de la journée du lendemain. Cest à cette réunion de commissaires, connuedepuis sous le nom de Commune 10 août , que sont dus en quelque sorte la chutedu trône, et peut-être létablissement du gouvernement républicain. Ce seroit pourelle des titres impérissables à lestime et à la reconnoissance des hommes libres, siles gens qui la composoient navoient trop fait voir depuis que cétoit moins lamourde légalité que celui de la domination et des richesses qui avoit dirigé leurs coupssur le trône.

La cour étoit instruite des mouvements que lon préparoit, et ses moyens derésistance étoient mis en état. Les régiments des gardes - suisses, qui durant tout le"cours de la révolution avoient gardé une espèce de neutralité entre le roi et le peuple,crurent quil étoit de leur devoir de défendre les jours de la famille royale confiée àleur garde. Plusieurs chefs de bataillons de la garde nationale avoient aussi promisà la cour les services des corps quils commandoient. Il étoit permis de croire quavec

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