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Tome second.
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SOIXANTE-ONZIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

PRISE DE VERDUN, MORT DE BEAURE PAIRE,

LE 2 SEPTEMBRE 1792.

L/est un des caractères les plus remarquables de la révolution française , que d’avoirtrouvé des partisans et des apologistes parmi ses plus grands ennemis. Tant la libertéa de charmes pour tous les hommes ! tant nos efforts leur ont paru dirigés vers leurbonheur futur , qu’ils se sont dépouillés , pour ainsi dire , de l’amour filial que nousressentons pour les lieux qui nous ont vu naître, et qu’ils ont transporté toutes leursaffections à la patrie commune du genre humain ! Mille exemples pourraient être citésà l’appui de ce que nous avançons , mais l’évènement dont nous avons à parler dans cediscours nous en offrira une preuve suffisante. Les principaux détails dans lesquels nousentrerons nous sont fournis par l’ouvrage d’un officier prussien qui a fait en entier lacampagne de 1792 contre les Français : et nous n’avons point ici à nous prémunir contrelés préventions d’un ennemi pour sa propre nation, au détriment de celle qu’il combat,mais plutôt contre les éloges que donne à chaque instant ce Prussien à la cause de laliberté, et à la manière dont les Français l’ont soutenue. Mais il est nécessaire de pré-senter à nos lecteurs un court aperçu des mouvemens des troupes étrangères, du pland’invasion qu’elles ont tenté d’exécuter , afin de tracer assez fidèlement le nouveau théâtreoù nous allons nous transporter , pour que l’on puisse suivre avec facilité toutes lesévolutions des nombreux acteurs qui y ont figuré.

Le traité de Pilnitz avait arrêté une guerre offensive contre la France , dans laquelleles puissances coalisées comptaient déployer toutes leurs forces. En effet , quelle autrecause que celle de la royauté pouvait exciter un si vif intérêt? et pour quel autre hommequ’un roi se serait-on préparé aussi tranquillement à répandre le sang de plusieursmillions d’innocens, et à porter la dévastation dans la plus belle partie de l’Europe ?La guerre que déclara l’assemblée nationale au roi de Hongrie , en 1792 , prévint etdéconcerta les coalisés 5 et quelque peu préparés que fussent les Français à la soutenir ,il est hors de doute qu’ils auraient pu profiter de la première surprise des Autrichiens ,se jeter en forces dans la Belgique tandis qu’ils y étaient en petit nombre ; et peut-êtreles plans des généraux ennemis , changés par cette brusque irruption, eussent-ils aussichangé entièrement le système de la guerre dès le commencement de cette campagne.Cette expédition décisive n’entrait pas dans les vues des ministres , qui tinrent nostroupes dans l’inaction pendant trois mois, et, les obligeant de rester sur la défensivedevant un ennemi inférieur en nombre , préparaient les succès des armées réunies quis’avançaient du fond de l’Allemagne vers la France .

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