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Tome second.
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SOIXANTE-QUATORZIÈME TABLEAU

DE LA REVOLUTION.

BOMBARDEMENT DE LILLE , PREMIERS JOURS

D’OCTOBRE 1792;

10, ii, i2, VENDÉMIAIRE, AN 1" DE LA RÉPUBLIQUE.

La trahison venait de livrer deux de nos villes à l’ennemi ; il crut qu’il serait aussifacile d’acheter on de prendre toutes nos places frontières. Dans cette confiance il s’ap-procha de Thionville où il avait des intelligences , et se persuada qu’un coup de mainsuffirait pour l’emporter. La patrie dut sans doute des actions de grâces aux habitanset a la garnison de cette cité pour la belle résistance qu’ils opposèrent dans un tempsou d’autres villes donnaient des exemples si funestes de lâcheté. Wimpffen, qui comman-dait la garnison , se conduisit avec autant d’esprit que de courage. Le général ennemilui ayant fait des propositions très-avantageuses pour lui, s’il voulait se rendre i il retintl’entremetteur pendant quelques jours, et le renvoya en lui disant qu’il accepterait lemillion qu’on lui proposait si on consentait à passer l’acte de donation chez un notairepublic. Cette réponse plaisante irrita le général autrichien, qui commença à bombarderla ville. On lui riposta avec la plus grande vivacité; et le caractère gai des Français seconservant au milieu des horreurs de la guerre , on vit au milieu des habitans , lesfemmes les plus délicates , se livrer aux travaux durs et pénibles du siège , porter dusecours avec une grande intrépidité aux endroits les plus exposés, et danser des faran-doles autour des bombes qui tombaient dans la ville. lies canonniers de leur côté avaientfait une masse d’où l’on tirait des récompenses pour ceux d’entre eux qui visaient le plusjuste. Celui qui démontait une pièce, qui atteignait une redoute de l’ennemi, était em-brassé , couronné, aux cris de Vive la nation ! les mal-adroits au contraire payaient uneamende. L’assiégeant pouvait voir de ses retranchemens cette gaieté > cet esprit vraimentnational, qui transformaient en un exercice d’agrément la nécessité de se défendre , etfaisaient un jeu d’un métier terrible. Bientôt attaqué lui-même par les assiégés , il futobligé de s’éloigner du corps de la place, et réduit à se défendre contre les fréquentessorties de la garnison , qui faisait chaque jour des prises considérables sur l’ennemi.

A cette époque les Autrichiens étendaient aussi leurs ravages sur le département dul^ord. Le camp de Maulde ,qui avait préservé pendant toute la campagne les belles plainesde ce pays des incursions des Impériaux , venait d’être levé par l’ignorance des officiersa qui Dumourier avait confié l’exécution de ses ordres. Ce général, se voyant trop faible

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