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Tome second.
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S 01X AN TE-QUINZIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

VICTOIRE DE JEMMAPES , LE 6 NOVEMBRE 1792;

i5 BRUMAIRE, AN i er DE LA RÉPUBLIQUE .

JA o u s entrons sur un vaste théâtre, trop souvent arrosé du sang français depuis plu-sieurs siècles , et qui devait encore en être abreuvé pendant la guerre qua fait naîtrenotre révolution. Les Pays-Bas catholiques, soumis autrefois à lEspagne , et qui depuisont fait partie des Etats de lempereur, sétaient révoltés, en 1788, contre Joseph II ,qui avait voulu introduire des innovations dans leur gouvernement ; mais cette insur-rection , qui pouvait être décisive pour leur liberté , ne tourna quà leur honte par lesintrigues des prêtres et des moines qui se mêlèrent dans les mouvemens politiques ,attirèrent sur des querelles religieuses lattention quexigeaient les dangers de la patrie.Reconquise par les armes impériales, la Belgique (cest ainsi quelle se nommait du tempsde César , et elle venait de reprendre ce nom qui semblait être le présage des effortsquelle ferait pour conserver sa liberté ), la Belgique nourrissait toujours lespoir dunmeilleur sort , quand la révolution française arriva et lui fit voir sa libératrice dans cettegrande nation. Dès-lors sétablit une communication très-active entre les patriotes desdeux pays ; et ceux de la Hollande même, reprenant des espérances qui navaient puêtre comprimées par la force des armes , jugèrent de loin quils éprouveraient aussilinfluence de notre sort. Tant que la royauté subsista en France , les Brabançons 11eurentrien à espérer.

Quand Dumourier eut forcé les Prussiens à une retraite honteuse , alors, tranquillesur le sort de la France , il résolut de délivrer aussi nos voisins de leurs oppresseurs:ce fut dans ce temps quil écrivit au camp de Sainte-Ménéhould , pendant quil avaitencore toute larmée ennemie sur les bras: Soyez tranquilles: quand ceux-ci ( en parlantdes Prussiens ) se seront retirés , jirai chasser les autres de devant Lille , et je ne vous demandepour récompense que daller prendre mes quartiers dhiver à Bruxelles . Jy serai le quinze no-vembre , si lon me laisse faire , et que lon ait de la confiance en moi.

Dumourier tint parole. U laisse Dillon et Kellermann à la poursuite des Prussiens ,

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