S 01X AN TE-QUINZIEME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
JA o u s entrons sur un vaste théâtre, trop souvent arrosé du sang français depuis plu-sieurs siècles , et qui devait encore en être abreuvé pendant la guerre qu’a fait naîtrenotre révolution. Les Pays-Bas catholiques, soumis autrefois à l’Espagne , et qui depuisont fait partie des Etats de l’empereur, s’étaient révoltés, en 1788, contre Joseph II ,qui avait voulu introduire des innovations dans leur gouvernement ; mais cette insur-rection , qui pouvait être décisive pour leur liberté , ne tourna qu’à leur honte par lesintrigues des prêtres et des moines qui se mêlèrent dans les mouvemens politiques ,attirèrent sur des querelles religieuses l’attention qu’exigeaient les dangers de la patrie.Reconquise par les armes impériales, la Belgique (c’est ainsi qu’elle se nommait du tempsde César , et elle venait de reprendre ce nom qui semblait être le présage des effortsqu’elle ferait pour conserver sa liberté ), la Belgique nourrissait toujours l’espoir d’unmeilleur sort , quand la révolution française arriva et lui fit voir sa libératrice dans cettegrande nation. Dès-lors s’établit une communication très-active entre les patriotes desdeux pays ; et ceux de la Hollande même, reprenant des espérances qui n’avaient puêtre comprimées par la force des armes , jugèrent de loin qu’ils éprouveraient aussil’influence de notre sort. Tant que la royauté subsista en France , les Brabançons 11’eurentrien à espérer.
Quand Dumourier eut forcé les Prussiens à une retraite honteuse , alors, tranquillesur le sort de la France , il résolut de délivrer aussi nos voisins de leurs oppresseurs:ce fut dans ce temps qu’il écrivit au camp de Sainte-Ménéhould , pendant qu’il avaitencore toute l’armée ennemie sur les bras: Soyez tranquilles: quand ceux-ci ( en parlantdes Prussiens ) se seront retirés , j’irai chasser les autres de devant Lille , et je ne vous demandepour récompense que d’aller prendre mes quartiers d’hiver à Bruxelles . J’y serai le quinze no-vembre , si l’on me laisse faire , et que l’on ait de la confiance en moi.
Dumourier tint parole. U laisse Dillon et Kellermann à la poursuite des Prussiens ,
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