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Tome second.
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SOIXANTE-DIX-NEUVIÈME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

BATAILLE DE NERWINDE , LE 18 MARS 1798;

28 VENTÔSE, AN I" DE LA RÉPUBLIQUE.

Nos rapides conquêtes dans la Belgique avaient glacé de terreur les Autrichiens ; ledésordre et la désertion qui sétaient mis dans leur armée auraient permis de les repousserjusquau-delà du Rhin , et de mettre entre eux et nous cette forte barrière , qui auraitdonné à nos quartiers dhiver une grande consistance, et aurait laissé tout le temps néces-saire pour les préparatifs de la campagne suivante. Les troupes françaises , mal appro-visionnées , et diminuées par les maladies , se trouvèrent hors détat défaire ce derniereffort; et peut-être Dumourier , qui avait déjà entamé ses intrigues , et qui pensait àmettre à exécution ses projets ambitieux, ne fut-il pas très-fàché des difficultés quiléprouvait, croyant quon augmenterait son pouvoir à raison du besoin que lon auraitde lui, et espérant dailleurs quil pourrait chasser facilement les Autrichiens au prin-temps suivant du terrain quil leur laissait encore occuper en-deçà du Rhin . U vint passerle mois de janvier à Paris ; et il a voulu nous persuader dans ses mémoires que ce voyageavait pour but de sauver Louis XVI du supplice, plutôt encore que de procurer à sonarmée des approvisionnemens , ce qui lui avait fourni prétexte pour obtenir un congé :son véritable motif était de voir si lépoque de la mort du roi serait favorable pour leduc dOrléans , auquel il était dévoué. Ses intrigues nayant pas réussi , il reparti pourla Belgique , après avoir préparé un plan dattaque contre la Hollande , dont la France avait beaucoup à se plaindre , et avec laquelle il était à croire que lon commenceraitbientôt les hostillités. A peine fut-il de retour à son armée, quil reçut le décret quidéclarait la guerre à cette puissance , ainsi quà lAngleterre. Aussitôt il ordonna à unde ses généraux de faire le siégé de Mastricht , ou plutôt de le bombarder assez vivementpour que lennemi neiit pas le temps de venir a son secours : lui-meme , a la tête duncorps darmée de quatorze mille hommes et de quelques pièces dartillerie , il entreprendla conquête de la Hollande , il savait quil serait secondé par un parti très-considérable.Cette entreprise téméraire , vu le peu de troupes et le nombre des obstacles quellesavaient à vaincre , fut sur le point de réussir par la bravoure des soldats et la confiance

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