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qu’ils avaient dans leur général. Le 22 février, il part d’Anvers et s’avance vers le Mordyck,qu’il était dans l’intention de traverser en face de la ville de Dort , pour pénétrer par-làdans le cœur des Provinces-Unies . Il assiège presqu’à-la-fois les places de Bréda , Klundert,Gertruydenberg , Williemstadt, et s’empare des trois premières avec des troupes moinsfortes que les garnisons qui se rendaient à elles. Il y trouve des canons , des munitions,des vaisseaux, de l’argent, des partisans : son armée est reçue en libératrice , la terreurse met parmi les stadhoudériens : les patriotes prennent courage, et n’attendent que lepassage du Mordyck pour se déclarer hautement. Ce passage allait s’effectuer dans la nuitdu 9 au 10 mars ; la Hollande devait être conquise ; le théâtre de la guerre , transportéloin de nos foyers , en eût sans doute changé les évènemens , et l’eût peut-être terminée.Un brusque changement de fortune vint déranger tous ces plans, interrompre ces bruyanssuccès , et les remplacer par une suite de revers qui sembla devoir entraîner la France à saperte.
Le siège de Mastricht n’avait pas été poussé avec assez de vigueur , tant par la fautedes généraux que par le dénuement où le ministre de la guerre avait laissé l’armée, etsurtout par la défense opiniâtre qu’opposaient les émigrés français renfermés dans laville. Pendant qu’on la bombardait avec mollesse , les Autrichiens attaquèrent nos canton-nemens , les séparèrent, et entrèrent dans Mastricht. Les généraux perdirent la tête, lestroupes se découragèrent. L’ennemi , profitant de son premier succès , pénétra jusqu’àLiège , que les Français avaient abandonné , et où il trouva des magasins immenses quel’on y formait en munitions et en habillemens. L’armée , retirée dans le camp de Louvain ,redemandait à grands cris son ancien général, avec qui elle n’avait jamais éprouvé derevers. Dumourier reçu le 8 mars l’ordre absolu d’abandonner l’expédition de la Hollande,et de venir se remettre à la tête de la grande armée. Il partit, espérant battre les Autri-chiens , et pouvoir reprendre l’entreprise qui restait suspendue par son absence.
Il trouva la Belgique désolée par une nuée de commissaires du conseil exécutif, quiagissaient en proconsuls , aigrissaient les esprits en insultant aux préjugés des habitans ,et se permettaient des violences inexcusables envers un peuple que l’on voulait engager àse réunir à la France . Dumourier eut de violentes querelles avec ces commissaires , ainsiqu’avec ceux de la convention nationale , fit arrêter deux des premiers , et promit auxBelges qu’il leur serait fait justice des vexations qu’on leur avait fait éprouver. A sonarrivée à Louvain , l’armée sembla reprendre sa première énergie. Le général, voulantprofiter de cette bonne disposition et effacer l’impression que les derniers échecs avaientlaissé , prit de fortes positions , et attaqua plusieurs fois les Impériaux avec succès. Uncombat sérieux s’engagea entre les deux avant-gardes , le ib , à Tirlemont , et fut tout-à-fait à l’avantage des Français . Cela décida Dumourier à livrer une bataille générale. S’illa gagnait , il redonnait à son armée l’opinion de sa supériorité , il forçait l’ennemi àrepasser la Meuse , à évacuer Liège , Aix-la-Chapelle , à se retirer jusques sous Mastricht,et il le réduisait à ne pouvoir rouvrir la campagne que dans trois mois : alors l’expéditionde Hollande recevait son exécution. Quant au risque d’être battu , il ne lui semblait pasplus grand que celui de voir son armée se détruire par l’inaction ; et il espérait qu’ilaurait toujours assez de force pour prendre une position capable de couvrir la France .Le 18 à sept heures du matin toutes les colonnes s’ébranlèrent à-la-fois , et attaquèrentl’ennemi avec la plus grande vigueur dans les villages de Middlewinde , d’Oberwinde, etde Xerwinde , où il était retranché. ( Ce dernier a donné son nom à la bataille dont nousrendons compte ). Il fut repris deux fois par les Autrichiens , qui en furent toujourschassés par les Français . Ce fut dans cet instant que la cavalerie ennemie , ayant chargenos troupes sur deux points avec une grande vivacité , fut reçue par un feu de mous-Jqueterie et d’artillerie si bien soutenu que la plupart des assaillans furent détruits.
La victoire semblait restée aux Français à leur droite et au centre. Us passèrent D