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Tome second.
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DE LA RÉVOLUTION. 3 19

ne gardaient plus aucune mesure. Il suffit de se rappeler que Chaumette , Pache , Hébert ,étaient les principaux membres de l’insolente commune de Paris , et que ce dernier ,digne émule de Marat , prêchait chaque jour , dans sa feuille ordurière, le Père Duchesne,le massacre des députés , le pillage et tous les excès , pour sentir combien une résolutioncourageuse était nécessaire en cet instant. La commission mande Htbert dans la nuit du24 niai ; et , après un interrogatoire où il avoue ses projets affreux , il est envoyé à laprison de l’Abbaye. Ce fut le lendemain que le président de la convention ( 1 ) fit à lacommune , qui venait réclamer son magistrat , cette belle réponse, qui fut peu aprèsl’arrêt de sa proscription : S'il arrivait que la convention fût violée , votre cité serait rayéede la république , et bientôt peut-être on chercherait sur les rives de la Seine si Paris a existé.Pourquoi le courage de l’orateur , pourquoi celui de la commission , ne passa-t-il pasdans l’ame de tous les membres honnêtes de la convention ? et comment ces citoyensgénéreux , qui portèrent leurs têtes avec tant d’héroïsme sous la hache de la tyrannie ,ne montrèrent-ils pas plus de fermeté pour prévenir les complots de quelques brigandsqui préparaient la perte de la république ?

lies pétitionnaires se succédèrent pendant plusieurs jours à la barre pour demanderla liberté d’Hébert , et la cassation de la commission des douze. Ces deux propositions ,qui devaient fixer le sort de la convention et décider qui l’emporterait des partisansde l’ordre ou de ceux de l’anarchie , furent débattues avec un intérêt digne de leurimportance , et adoptées enfin dans la séance du 27. Le parti vaincu revint à la chargele lendemain , et fit rapporter le décret de la veille , comme ayant été rendu au milieudu tumulte et surpris à l’assemblée. Les factieux éprouvant trop de résistance de lapart des députés , se décidèrent à employer les derniers moyens. Un comité centrald’insurrection fut organisé dans la nuit du 3 o. A la pointe du jour ses membres setransportèrent à la commune , dont ils étaient bien assurés , mais qu’ils cassèrent néan-moins et reconstituèrent sur-le-champ sous le titre de commune provisoire. Cette mesureadroite avait pour but de donner à la révolte qu’ils préparaient l’apparence d’une insur-rection légitime et nécessaire, telle enfin que celle du 10 août , qui avait été faite sousde pareils auspices.Par les ordres de ce comité le tocsin sonne , la générale est battue; etles citoyens , surpris , sortent en armes de chez eux, ne sachant s’ils vont les tourner contredes ennemis ou des frères. On les rappelle, ori les pousse vers la maison commune. Les ma-gistrats du peuple en sortent , et viennent leur parler des dangers de la patrie, de lanécessité de la sauver en ce jour. Le canon d’alarme se fait entendre comme garant dece qu’ils disent. Et tel fut le dangereux effet de cet esprit de civilisation, de cette soumissiondocile qui régnent chez les peuples modernes , que trois cents mille citoyens , presquetous amis des lois et de l’ordre , disposés à se sacrifier pour les soutenir, semblèrent ence jour sanctionner par leur présence passive les complots des magistrats factieux quise révoltaient contre elles.

Ceux-ci sentirent si bien l’avantage de leur situation , qu’ils allèrent sur-le-champexiger du corps législatif ce qu’ils n’avaient fait que demander jusqu’alors. Tout leurfut accordé ; une armée de sans-culottes , payés à 4o sous par jour, fut créée pour leurservir de satellites ; et la convention , cédant à quelques brigands tous les pouvoirsqu’elle tenait du peuple , ordonna à ses comités de ne prendre aucune mesure impor-tante sans consulter les autorités constituées de Paris .

Une telle concession devait en amener bien d’autres. Dès le lendemain ( i er juin ) serenouvelèrent les demandes d’arrestation , d’accusation , contre les vingt-deux députésque l’on poursuivait depuis long-temps , mais que l’on avait cessé de dénoncer pendant

( 1 ) Isnanl.