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Tome second.
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QUATRE-VINGT-TROISIEME TARLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

ASSASSINAT DE J. P. MARAT , LE i3 JUILLET i 79 3 ;

25 MESSIDOR, AN i er DE LA RÉPUBLIQUE .

Pendant que les députés proscrits séjournèrent à Caen , on vit venir plusieurs foischez eux une jeune et belle personne , accompagnée dun domestique. Elle demandaà parler à Barbaroux , et ayant obtenu de lui des lettres pour un de ses amis deParis , elle partit pour cette ville , et y arriva dans les premiers jours de juillet. Le12 du même mois, elle écrivit à Marat , quune maladie retenoit chez lui , pour enobtenir une entrevue elle lui révéleroit des choses essentielles au salut de la république.Ayant été introduite, le 1 3 , chez ce député, quelle trouva dans son bain , elle lui plongeaun poignard dans le cœur.

Aux cris poussés par le mourant , accoururent les gens de la maison , la force armée,des officiers de justice. Ils trouvèrent Charlotte Corday assise auprès de la baignoire ,et attendant avec tranquillité ce qui résulteroit de cet évènement. On se jeta sur elleavec violence , on lentraîna dans une prison , on la livra sur-le-champ au tribunalrévolutionnaire. Sachant le sort qui lui étoit réservé , elle se prépara à la mortavec un courage simple et modeste , sans faste et sans apprêt, comme une personne quiavoit assez vécu , puisquelle venoit de rendre un service signalé à sa patrie. Elle portale même caractère au tribunal , elle comparut le 16. Ses réponses et son interro-gatoire sont un modèle dune élévation de sentiments à laquelle peu daccusés sont par-venus, parmi les nombreuses victimes immolées durant la révolution. « Connoissez-vous« ce couteau?Oui, cest celui avec lequel jai tué cet anarchiste.Y a-t-il long-« temps que vous aviez formé ce projet? Depuis le 3 i mai dernier ; dailleurs jai« appris que celui que jai tué distribuoit de largent pour allumer le feu de la guerre

« civile._Comment avez-vous pu former le projet dassassiner un homme que vous ne

« commissiez pas ?_Je lai fait pour sauver cent mille hommes. Ne vous êtes-vous pas

« essayée pour porter le coup ? Non. Il est cependant bien démontré que vous ne« lauriez pas tué si vous leussiez frappé un peu plus bas.Eh bien! cest le hasard, etc. »...Telle fut la maniéré dont répondit constamment cette courageuse fille. Dépouillée desséductions de lespérance , qui font lâchement dissimuler la vérité jusquau pied deléchafaud , elle ne marchanda point sa vie avec ses juges ; et après sêtre illustrée parune action qui sembloit bien au-dessus de son sexe , elle se montra par sa mort ,supérieure au reste des hommes.

Elle écrivit à Barbaroux, la veille de sa condamnation , une lettre datée des prisons

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