Band 
Tome second.
Seite
344
JPEG-Download
 

344 TABLEAUX HISTORIQUES, etc.

ces généreux citoyens le signal des chants patriotiques , dont ces bords sauvagesretentirent peut-être pour la première fois. On les conduit à Gravedona , petite villesur le bord du lac $ et le peuple , admirant leur contenance fiere sous les chaînes dontils étoient chargés , s’écria plusieurs fois, malgré les sbirres qui les escortoient : Bellagente ! bella gente ! O la grande nation ! Sans doute à ce cri spontané ces dignes répu-blicains ne se trouvèrent pas malheureux d’être dans les fers : la voix du peuple proclamoitleur triomphe.

Nous ne parlerons point aujourd’hui des prisons où ils furent enchaînés à Gravedona ,des cachots pestilentiels de Mantoue , de la forteresse de Kustain , qui furent autant dethéâtre de leurs souffrances et de leur courage 5 nous aurons occasion de revenir surles scenes de trahison dont les représentants et les ministres de la république furentles victimes.

Nous ne savons s’il faut condamner à la célébrité de l’histoire les agents obscurs quiont trempé dans la trahison exercée contre Maret et Sémonville . Qu’un docteur Pozzi,de Milan , se soit mis à la tête des assassins, qu’il leur ait distribué publiquement desrécompenses après l’exécution de leur crime } on ne s’en étonne pas , le despotismeautrichien doit inspirer cette bassesse d’ame à ses esclaves : ce Pozzi d’ailleurs a vu jugerson action par ses compatriotes , qui, à son retour à Milan , le maltraitèrent de paroleset de faits , et tentèrent depuis de l’assassiner. Pollavini , de Chiavennes , Mathis , deVico-Soprano , le podestat de Trahona , et d’autres encore , avoient vendu les ambassa-deurs à l’Autriche . M. Salis , l’un des chefs des Ligues , dévoilera peut-être aussi la partqu’il a prise aux trames du baron de Cronthal.

C’est par le même esprit de justice que nous nous plaisons à reconnoître les servicesde toute espece que M. Salis de Taxen (le vicaire de Vico - Soprano ) a rendus auxFrançais pendant leur séjour dans sa jurisdiction. Les étrangers verront par-là que Maretet Sémonville n’ont pas été moins fideles à parler des bienfaits que des outrages qu’ils ontreçus.