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Tome second.
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D E L A R É V O L U T I O N. 35i

» contre elle les forces considérables , etc. Signé , Frederick , duc d’Yorck , général» de l’armée combinée devant Dunkerque . »

La réponse du commandant de la place ayant annoncé l’intention de se biendéfendre , il ne resta plus au duc d’Yorck qu’à effectuer ses menaces. Cinquante

pièces de canon furent mises en batterie devant la ville , malgré les fréquentes

sorties de la garnison. Le 26 , les redoutes étaient déjà à six cents toises du

corps de la place. Les progrès des assiégeants devenoient plus sensibles de jouren jour ; des navires armés à Flessingue alloient venir leur porter un secoursefficace , en faisant taire les batteries flottantes et les chaloupes canonnières quimcommodoient beaucoup le camp anglais -, la place était sur le point de se rendre ,lorsque le général Houchard , par une attaque hardie et vigoureuse , fit changerla face des affaires.

Le duc d’Yorck avoit laissé sur ses derrières un corps de dix-huit mille hommes,pour protéger les opérations du siégé et empêcher les républicains de s’avancervers Dunkerque. Cette armée s’étoit retranchée dans le bourg de Hondschooteprès de Bergues , avoit fortifié sa position par tout ce que la nature du terrainet les secours de l’art pouvoient fournir de plus redoutable. C’était donc le premierobstacle à surmonter. Pour y parvenir , Houchard rassembla sur Cassel deux divisionsde bonnes troupes , auxquelles il joignit quelques autres corps tirés des garnisonsvoisines. Avec cette armée , supérieure à celle de l’ennemi , il fit ses dispositionspour attaquer Hondschoote , dont il s’étoit approché dans les premiers jours deseptembre. Le 6 , pendant que les garnisons de Bergues et de Dunkerque faisoientdes sorties vigoureuses , l’armée du Nord attaqua les Anglais avec un courage

extrême , et , après un combat sanglant , qui dura presque tout le jour , fut obligéede rentrer dans sa position du matin. Le champ de bataille était jonché de morts ,les horreurs de la guerre se montroient sous leur plus hideux aspect ; et les soldatsfrançais , loin d’être découragés par cet affreux spectacle , ne s’occupèrent pendantla nuit qu’à raccommoder leurs armes et à préparer une nouvelle attaque. Le

lendemain , au point du jour , elle recommença avec encore plus de fureur. Cesdeux nations rivales , qui ne s’étoient pas mesurées en aussi grand nombre depuisFontenoi, sembloient avoir chargé les guerriers de Hondschoote de soutenir l’honneurde leurs patries. Les uns avoientun affront à venger ; les autres leur gloire à conserver.Mais au feu terrible , qui ne produisoit qu’un carnage mutile , les républicains substi-tuèrent l’arme redoutable qui est devenue entre leurs mains l’instrument assuré dela victoire ; ils s’élancèrent dans les retranchements ennemis la baïonnette en avant ;e t l’Anglais étonné , ne pouvant plus se servir de son fusil, prit la fuite , en laissantun nombre considérable de morts, de prisonniers , et en abandonnant son artillerie

au vainqueur. Le prince Adolphe , l’un des fils du roi d’Angleterre , fut blessé et

taanqua d’être pris dans cette affaire. Son frere, ne pouvant plus , après une telledéroute , continuer le siégé de Dunkerque , se retira précipitamment , laissant ,outre son camp , une immensité de munitions de toute espèce , que les assiégésfirent entrer sur-le-champ dans leur ville.

L’armée , encouragée par ce succès 5 entra dans la Belgique , battit encorel’ennemi , prit Fûmes , Menin , etc. , et sembloit , par ses succès , devoir forcerl’armée impériale à abandonner la France pour venir défendre ses possessions.Mais le général Houchard fut accuse par le comité de salut public , au milieude ses triomphes , d’avoir vaincu malgré lui à Hondschoote. On prétendit qu’il avoitou des intelligences avec le duc d’Yorck , qu’il avoit pourtant si bien battu 5 qu’ilauroit pu détruire en entier ou faire prisonnière l’armée anglaise. Ces étrangesimputations suffirent pour faire arrêter Houchard , qui fut livré au tribunal révolu-