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Tome second.
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DE LA RÉVOLUTION. 35 9

supplice, exaspéra leurs partisans , et , de deux coupables dont la punition devoiteffrayer , fit des martyrs dont on se glorifia de suivre les traces et de professer lesmaximes.

Cest de cette époque que peut dater véritablement la révolte de Lyon . Étoit-elle légitimée , comme on la prétendu , par les évènements du 3i mai qui arrivèrentsur ces entrefaites , par la proscription de vingt - deux membres de la conventionnationale , et par les affreux succès de la Montagne ? Cette question , qui nous a parufacile à résoudre par rapport à linsurrection du Calvados et de la ci-devant Bretagne ,est trop compliquée , quant à ce qui regarde Lyon , pour quon entreprenne de ladiscuter. On peut observer seulement que cette ville , demandant , il est vrai, laréintégration des députés , mais correspondant avec les Toulonnais rebelles , et dirigéepar une influence étrangère, offre un caractère tout différent des départements patriotesqui 5 en demandant justice de lanarchie qui sélevoit, ne professoient pas avec moins defranchise leurs sentiments républicains.

Le siégé de Lyon fut résolu , et la convention nomma plusieurs de ses membrespour en suivre les opérations. Les révoltés , qui avoient entraîné dans leur parti lesdépartements voisins , et qui comptoient sur le secours dune armée de Marseillaisse préparèrent de longue main à soutenir lattaque. La manufacture de Saint-Étienne ,dont ils sétoient emparés, leur fournit en abondance des fusils de munition ; desfonderies de canons furent établies dans une ville qui navoit connu jusqualors queles arts de luxe ; les maisons de campagne qui ornoient les faubourgs et leurs magnifiquesalentours furent changées en moulins , en hôpitaux ; des redoutes sélevèrent sur lesponts : tout prit laspect de la guerre. Précy 9 le général des révoltés , excitoit la fureurdune jeunesse bouillante et trop facile à séduire ; elle-même intimidoit et retenoit sousses drapeaux une foule dartisans honnêtes qui gémissoient dêtre entraînés dans unparti qui devoit causer leur ruine.

Les bombes et les boulets rouges , la derniere raison des rois , devinrent donc celledun gouvernement républicain qui voulut réduire par la force une ville que desoffres pacifiques avoient trouvée inébranlable dans sa révolte. Cest une justice quidoit être rendue aux comités de la convention nationale : plusieurs représentantsfurent successivement députés à Lyon pour prévenir les derniers excès ; le parti quidominoit les renvoya avec des menaces : ceux même qui, étant à la tête de larmée ,avoient le droit , ou tout au moins les moyens dimposer des conditions plus dures ,en firent de très-modérées , qui ne furent pas mieux écoutées que les premières.

Après soixante-quatre jours dun siégé meurtrier , pendant lequel les succès furentpartagés , et dont les horreurs peuvent être dépeintes dun seul trait , il ètoit le fruitd'une guerre civile ; après que les assiégés , resserrés dans leurs murs , et ne pouvantplus tirer de vivres des départements voisins qui sétoient armés contre eux , eurentmangé tous leurs animaux domestiques, Précy et sa cohorte se résolurent enfin àquitter une ville dont ils venoient dassurer le malheur. Sur deux mille hommesqui tentèrent deffectuer leur retraite vers Geneve , la plus grande partie périt sousta fer des troupes qui les poursuivirent.

Le x 7 vendémiaire f larmée républicaine se mit en possession des postes principaux deta ville. Un décret ordonnoit que Lyon ne seroit plus nomme que Commune-^franchie :Par dautres décrets , encore plus rigoureux , tous les habitants qui étoient restésdans la ville pendant le siégé étoient assimilés aux émigrés et punis de mort 5 toutestas maisons des rebelles dévoient être rasées , etc. Comment des armes si redoutables,confiées à des passions violentes , nauroient-elles pas causé les plus grands malheurs ?Des commissions furent créées pour juger les coupables : ils étoient en grand nombre ;mais on y joignit tous ceux que leur fortune ou leurs talents élevoient au-dessus du