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Tome second.
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DEL A RÉVOLUTION. 371

» les granges pleines de bled et de fourrage ; on massacroit les bestiaux sans aucun» objet d’utilité , portant ainsi le délire jusqu’à se priver des ressourses immenses avec>> lesquelles l'armée républicaine auroit pu s’alimenter et se soutenir dans ces contrées. »Robespierre et ses complices ne réussirent que trop à rendre la guerre de laVendée presque interminable. Ils avoient en même temps l’adresse perfide de fairecirculer dans le public , et sur - tout dans le sein de la convention , des relationsmensongères. On peignoit sans cesse l’insurrection de la Vendée comme assoupie,lorsqu’après les plus horribles massacres , des armées redoutables sembloient naîtrede la cendre des morts. La convention étoit toujours flagornée et trompée par lesfanfaronnades et les mensonges les plus grossiers. Le flambeau du fanatisme avoitégaré les nombreux habitants de ce pays ; la crainte de la loi agraire avoit augmentéleur aversion pour le régime républicain 5 l’extermination dont nous venons de parler ,le pillage, le viol , l’incendie, achevèrent de les réduire au plus affreux désespoir.Les victoires qu’ils remportèrent sur les armées de la république , ou plutôt deRobespierre , à Saumur , à Coron , à Villiers , à Doué , attesteront à jamais la forceinvincible qu’un peuple exaspéré peut tirer du malheur même de sa situation. Onvit ces insurgés , bravant l’artillerie dont ils étoient foudroyés , s’élancer comme desforcenés sur les canons et sur les baïonnettes de leurs ennemis : les femmes , mêléesavec les hommes , montroient un égal courage et un égal acharnement. Les républicains ,étonnés , subjugués par tant d’audace , et inaccoutumés à ce nouveau genre de combat,pleins d’ailleurs de mépris pour leurs généraux , prenoient la fuite , et abandonnoientmunitions , fusils et bagages. On assure que les Vendéens s’étoient procuré de cettemaniéré des munitions de guerre immenses , soixante mille fusils et deux cents piècesde canon. La triple rage de la vengeance , du fanatisme , et de l’esprit de parti ,concouroient à en faire des troupes invincibles : elles étoient guidées par des chefstrès-habiles. Enfin , pour avoir une juste idée de cette guerre sanglante et difficile ,il faut se représenter un pays couvert de bois impénétrables , rempli de marais encoreplus inaccessibles, de souterrains, de défilés qui n’étoient bien connus que des Vendéens.Loutes ces retraites receloient et vomissoient tour-à-tour les hordes de l’armée catho-lique , dont les soldats sembloient être autant de Protées se cachant et reparaissanttour-à-tour , et aussi difficiles à être joints qu’à être combattus. Cependant un généralde division, nommé T unie , avoit battu complètement les Vendéens à quelques lieuesde Luçon ; mais , dès qu’on s’apperçut qu’il vouloit sérieusement terminer la guerre ,°n l’environna de piégés et d’obstacles , et l’on finit par le rappeler. Dès lors lesinsurgés eurent par-tout l’avantage , et leurs progrès prirent un caractère alarmant.D’armée catholique s’empara de l’isle de Noirmoutier , de Machecoul, de l’isle Rovin,de Montaigu , et prit huit milliers de poudre qui se trouvoient dans cette derniereville , un magasin de riz , un grand nombre de rations de pain , et pour plusieursmillions d’effets de campement. En vain la brave garnison de Mayence, envoyée à l’arméede l’Ouest, 1 ui opposoit une bravoure intrépide réunie à une discipline admirable : onla priva des généraux Caudaux et Aubert Dubayet , qui avoient sa confiance ; et,dans toutes les occasions , on la réduisit à lutter seule contre des forces supérieures.Dans ces circonstances , et pendant que les journaux retentissoient de la détresseprétendue des Vendéens , on apprit que leur armée avoit passé la Loire , et que, s’étantjointe aux mécontents de la Bretagne connus sous le nom de Chouans ( 1 ), elle ravageoit

( 1 ) On a cru que c’étoit le nom d’un chef de la Vendée : on s est trompe. Ce nom vient d un des■signes de ralliement ou d’avertissement que les contrebandiers employaient anciennement entre eux.Ce signe étoit de contrefaire le chat-huant. Ce cri perçant , répété pendant la nuit de distance endistance , avec des inflexions particulières , prévenoit du nombre et de 1 arrivée des limiers de la ferme.