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et alloit peut - être réunir à sa ligue les départements du Morbihan , d’Ile-et-Vilaine ,et de la Manche. La ville de Nantes n’évita de tomber sous le joug des insurgés quepar le courage héroïque de ses habitants, abandonnés à leurs propres forces par lescommissaires montagnards accoutumés à spéculer sur les malheurs publics et à toutesles noirceurs du plus affreux machiavélisme. On auroit publié que cette ville avoit cédépar connivence avec l’armée royale ; on en auroit ensuite entrepris le siégé , quianroit fini par le saccagement et le pillage. Les insurgés , repoussés par les Nantais ,s’emparèrent d’ingrande, d’Ancénis , de Varade , de Chàteau-Gontier , et taillèrent enpièces l’armée du général l’Echelle , donné pour collègue à Ronsin et à Rossignol.Celui-ci portoit par-tout le découragement et le désespoir : il désarma la ville de Vitré,que sa position rendoit susceptible d’une résistance opiniâtre : les habitants offroientmême de défendre seuls la place. Un détachement de Vendéens surprit cette ville sansdéfense , et en égorgea les citoyens.
Un des principaux objets de l’armée royale étoit , en se portant à la droite de laLoire , de se procurer un port de mer à la faveur duquel ses communications fussentplus faciles avec l’Angleterre. Les généraux de cette armée résolurent d’attaquerGranville . Ce fut le terme de leurs succès. Il faut avouer qu’ils ne pouvoient prévoir larésistance vraiment héroïque des habitants de cette place , dont Rossignol et ses lâchescoopérateurs ne dirigeoient pas la défense. Les royalistes livrèrent un assaut terrible etsanglant qui dura quarante-huit heures sans relâche : les habitants combattirentà la lueur de leurs faubourgs embrasés -, on se battit de rue en rue nuit et jour ; il n’yeut pas un pouce de terrain qui ne fût arrosé de sang : un officier municipal péritglorieusement sur la brèche : enfin les insurgés , après avoir brûlé , comme nousavons dit , les faubourgs , furent contraints d’abandonner leur entreprise. Une petiteplace , un petit nombre d’habitants , de citoyens paisibles, non accoutumés au métierde la guerre , sans autre soutien , sans l’espoir même d’être secourus , résistent à unearmée nombreuse, et parviennent à la repousser : les femmes se joignent aux combattants ,et montrent, mais avec un résultat plus heureux , l’intrépidité tant vantée dans l’histoirequi immortalisa autrefois les Carthaginoises. Voilà de ces traits d’héroïsme sur lesquelsl’imagination aime à se reposer après le spectacle douloureux des horreurs qu’il nous afallu raconter. Quand nous donnerons la planche représentant Charette vaincu et pri-sonnier dans Nantes , nous y joindrons le récit de toute la suite de la guerre de laVendée , et des divisions qui survinrent entre les chefs de l’armée catholique; divisionsqui furent la principale cause de leur défaite. Encore , malgré cette mésintelligence,ils s’étoient rendus si redoutables , que le gouvernement en vint à traiter avec euxcomme de puissance à puissance.