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Tome second.
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QUATRE-VINGT-TREIZIEME TARLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

NOYADES DANS LA LOIRE , LES 26 ET 27 DÉCEMBRE 1798;

LES 5 ET 6 FRIMAIRE, AN DEUXIEME DE LA RÉPUBLIQUE.

Il faut la surmonter cette invincible horreur qu’inspirent les forfaits que nous avonsa retracer : en vain la plume et le burin s’arrêtent épouvantés ; il faut se résoudreà les tremper dans le sang ; il faut transmettre à la postérité la plus reculée nosfautes et nos malheurs. La seule consolation qui nous reste est de garantir notrepostérité des fléaux de tout genre auxquels nous avons été en proie. Hélas ! ceque nous avons à raconter surpasse tout ce que l’histoire des autres nations a produit,tout ce que la fable a imaginé de plus épouvantable. C’est à l’établissement dugouvernement révolutionnaire , ou plutôt contre - révolutionnaire , que nous devonstoutes les calamités qui ont pesé sur la France. Robespierre et ses complices eurentà peine fait jurer le maintien de cette constitution de 1793 ,. qu’ils avoient fabriquéeen quinze jours , qu’ils lui substituèrent , avec une audace , une impudeur inouie ,une tyrannie sans exemple dans les annales du monde , un régime de fer et desang , sous le nom absurde de gouvernement révolutionnaire : nos tyrans s’embar-rassoient peu que ces mots gouvernement révolutionnaire emportassent contradiction ;ils connoissoient cette triste vérité qu’avec de l’audace , et surtout avec des motsqu’il ne comprend pas , on gouverne le peuple , on lui en impose , on le museleà volonté : ils savoient surtout que c’est en comprimant les esprits par une terreurprofonde , qui de tout temps a été l’arme favorite des tyrans, qu’on parvient à toutsubjuguer, à tout enchaîner. Lorsque chacun tremble pour ses propriétés , ou poursa vie , un égoïsme irréfléchi , un système d’insensibilité , une stupeur générale ,rompent tous les liens de l’ordre social , isolent tous les esprits , et livrent sansdéfense la patrie et les individus qui la composent à ces hommes atroces , qui,selon l’expression de Collot - d’Herbois , l’un d’entre eux , procuroient une transpirationau corps politique . L’homme est naturellement timide , ou du moins .son courageest moins en lui - même que dans ce qui l’entoure. Voulez - vous augmenter latimidité de l’homme ? faites qu’il soit seul au milieu de ses semblables ; brisez laplume des écrivains généreux ; peuplez les maisons de délateurs $ qu’un pere craigned’en trouver un dans la personne de son fils , un fils dans celle de son pere ; combinezvos institutions sociales de maniéré qu’un citoyen soit plus en sûreté dans les forêtsà côté des tigres et des ours , qu’à côté de ses semblables dans les villes ; faitesenfin planer la terreur et la mort ; et vous aurez établi votre régné et votre domination •

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