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Tome second.
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etc.

3 7 6 TABLEAUX HISTORIQUES,

ont été surtout les objets de sa fureur. Il ne manquoit , pour mettre le comble à tantdhorreurs que de sen vanter au sénat de la France et den être applaudi. Carrier écrività la convention quenviron soixante prêtres sétoient noyés dans la Loire , qui sétoitmontrée républicaine ; cétoit son expression : et lon nentendoit que trop ce quil vouloitdire. Dans le procès quon fit à ce misérable , Philippe Tronjoli, président des tribunauxcivil et militaire , sétendit sur les noyades dont nous venons de parler : il compta plusde six cents enfants livrés à la fureur des flots dans vingt-trois expéditions de cettenature. Les pièces de la procédure nont que trop prouvé la réalité des horreurs quenous venons de décrire. Les jacobins firent tous leurs efforts pour soustraire leurcomplice à la vengeance du ciel et des hommes : leurs manœuvres furent inutiles ; Carrierfut enfin puni en portant sa tête sur léchafaud le 24 décembre i 7 q 4 -

Carrier , député du Cantal à la convention , avoit une tête ardente et facile à sallumer ,et un fond prodigieux de férocité. Il fut un fanatique en révolution, et le vrai Séide deRobespierre . Immoral et ambitieux , lâche et timide , il eût égorgé son pere si le tyranle lui eût prescrit. Il aimoit la révolution parce quil en attendoit des places pluslucratives que son ancien état de procureur, dans lequel on lui avoit reproché des actesde fripponnerie. Il ne fut jamais dans le secret des tyrans *, il ne fut quun instrumentsubalterne , et le bourreau de leurs victimes. Ce que nous venons de dire peut sappli-quer à tous ses émules en férocité ( 1 ). On verra renouveler les mêmes forfaits toutesles fois que le peuple choisira des hommes immoraux, venant de rien, ne sachant rien ,et nayant rien. On avoit persuadé à Carrier que la France navoit pas assez de grainspour nourrir ses habitants, et quil falloit les réduire à huit millions. Plusieurs personnesont déclaré avoir entendu Carrier soutenir ce barbare système, qui prouve le sort quenos tyrans réservoient à la France sils ne sétoient heureusement entre-détruits , entre-dévorés les uns les autres.

riches , Ne donner aucun relâche à la sainte guillotine ; car les morts ne reviennent pas , disoitBarrere à la convention.

( 1 ) Ce passage est tiré de VHistoire secrete de la révolution française , par François Pagès.