etc.
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ont été surtout les objets de sa fureur. Il ne manquoit , pour mettre le comble à tantd’horreurs que de s’en vanter au sénat de la France et d’en être applaudi. Carrier écrività la convention qu’environ soixante prêtres s’étoient noyés dans la Loire , qui s’étoitmontrée républicaine ; c’étoit son expression : et l’on n’entendoit que trop ce qu’il vouloitdire. Dans le procès qu’on fit à ce misérable , Philippe Tronjoli, président des tribunauxcivil et militaire , s’étendit sur les noyades dont nous venons de parler : il compta plusde six cents enfants livrés à la fureur des flots dans vingt-trois expéditions de cettenature. Les pièces de la procédure n’ont que trop prouvé la réalité des horreurs quenous venons de décrire. Les jacobins firent tous leurs efforts pour soustraire leurcomplice à la vengeance du ciel et des hommes : leurs manœuvres furent inutiles ; Carrierfut enfin puni en portant sa tête sur l’échafaud le 24 décembre i 7 q 4 -
Carrier , député du Cantal à la convention , avoit une tête ardente et facile à s’allumer ,et un fond prodigieux de férocité. Il fut un fanatique en révolution, et le vrai Séide deRobespierre . Immoral et ambitieux , lâche et timide , il eût égorgé son pere si le tyranle lui eût prescrit. Il aimoit la révolution parce qu’il en attendoit des places pluslucratives que son ancien état de procureur, dans lequel on lui avoit reproché des actesde fripponnerie. Il ne fut jamais dans le secret des tyrans *, il ne fut qu’un instrumentsubalterne , et le bourreau de leurs victimes. Ce que nous venons de dire peut s’appli-quer à tous ses émules en férocité ( 1 ). On verra renouveler les mêmes forfaits toutesles fois que le peuple choisira des hommes immoraux, venant de rien, ne sachant rien ,et n’ayant rien. On avoit persuadé à Carrier que la France n’avoit pas assez de grainspour nourrir ses habitants, et qu’il falloit les réduire à huit millions. Plusieurs personnesont déclaré avoir entendu Carrier soutenir ce barbare système, qui prouve le sort quenos tyrans réservoient à la France s’ils ne s’étoient heureusement entre-détruits , entre-dévorés les uns les autres.
riches , Ne donner aucun relâche à la sainte guillotine ; car les morts ne reviennent pas , disoitBarrere à la convention.
( 1 ) Ce passage est tiré de VHistoire secrete de la révolution française , par François Pagès.