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Tome second.
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CENTIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

FÊTE A L’ÊTRE SUPRÊME, LE 8 JUIN 1794;

LE 20 PRAIRIAL, AN DEUXIEME DE LA RÉPUBLIQUE.

L’ homme de bien n’a qu’un espoir sur la terre , un Dieu rémunérateur ; le méchantn'a qu’un frein , un Dieu vengeur. Mais Dieu ne peut récompenser la vertu et punirle crime , après la dissolution de notre être , qu’autant que l’ame est immortelle. Ainsila doctrine de l’existence d’un Dieu et de l’immortalité de Pâme est la plus consolantequ’on puisse offrir aux hommes -, c’est en même temps celle qui peut le plus les éleverau-dessus d’eux-mêmes. L’idée du néant après le trépas leur inspireroit-elle le respect,la bienveillance pour leurs semblables , l’amour de la justice , le dévouement pour lapatrie, le mépris pour la mort, ou pour la volupté? Vous qui regrettez un amivertueux, n’aimez-vous pas à penser que la plus belle partie de lui-même lui a survécu ?Vous qui pleurez sur le cercueil d’un fils et d’une épouse , êtes-vous consolés parcelui qui vous dit qu’il ne reste plus d’eux qu’une vile poussière ? Malheureux quiexpirez sous les coups d’un assassin, votre dernier soupir n’est - il pas un appel à lajustice éternelle ? L’innocence tramée à l’échafaud , et tendant la gorge à ses bourreaux,fait pâlir son persécuteur au milieu de son exécrable triomphe i auroit-elle cet ascendantsi le tombeau égaloit, confondoit pour toujours l’oppresseur et l’opprimé ? Quel avantagey auroit-il à se persuader qu’une force aveugle préside à nos destins , et que l’ame n’estqu’une étincelle qui s'éteint , un souffle léger qui se dissipe aux portes du tombeau ?S’il étoit besoin de prouver cette grande vérité qu’un Dieu existe , les merveillesrenaissantes de la création, le spectacle des cieux , de la terre , et des mers , tout ennous , autour de nous , ne la proclame-t-il pas ? tout ne dit-il pas qu’il ne peut y avoird’effet sans cause ? et si vous ne pouvez vous refuser de reconnoître un Dieu , n’êtes-vous pas forcés d’avouer qu’il est de son essence d’être juste ? L’immortalité de l’amen’est-elle pas aussi une conséquence immédiate de sa justice ? Quoi ! le tyran Aureng-Zeb ,

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