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Tome second.
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DE LA RÉVOLUTION.

A l’héroïsme. A l’amour.

Au désintéressement. A la foi conjugale.

Au stoïcisme. A Pamour paternel.

Voici les principales dispositions et la marche de la fête à l’Être suprême , ainsiqu’elle eut lieu le 20 prairial. A peine l’aurore annonça le jour , que les sons d’unemusique guerriere se firent entendre de toutes parts , et firent succéder aux charmesdu sommeil un réveil enchanteur : on voit aussitôt les banderolles tricolores flotterà l’extérieur des maisons ; les portiques se décorent de festons de verdure. Cependantl’airain tonne , à l’instant toutes les habitations sont désertes , elles restent sous lasauve-garde des lois et des vertus républicaines ; le peuple remplit les rues , inondeles places publiques. Ces grouppes divers , parés des fleurs du printemps , sont unparterre animé. Les tambours roulent ; tout prend une forme nouvelle. Les adolescents,armés de fusils , forment un bataillon carré autour du drapeau de leurs sectionsrespectives ; les meres , séparément de leurs époux , de leurs fils , portent des bouquetsde roses , et les filles ont des corbeilles remplies de fleurs : tout est prêt pour ledépart. Une salve d’artillerie annonce le moment désiré •• le peuple se réunit au jardinnational ( les Tuileries ) ; là il se range autour d’un amphithéâtre destiné pour laconvention. Dès que les sections et toutes les autorités constituées sont arrivées ,la convention nationale , précédée d’une musique éclatante , se montre au peuple. Leprésident paroît à la tribune élevée au centre de l’amphitéâtre , et prononce un discoursanalogue à la cérémonie. Non loin de l’amphithéâtre s’élève un monument où sontréunis tous les ennemis de la félicité publique ; le monstre de l’Athéisme y domine ;il esQ soutenu par l’Ambition , l’Egoïsme , la Discorde. Le président s’approchetenant en ses mains un flambeau ; le grouppe s’embrase , il rentre dans le néant : dumilieu de ses débris s’élève la Sagesse au front calme et serein. Alors le bruit destambours recommence 5 le son perçant de la trompette éclate dans les airs : le peuple sedispose *, il est en ordre , il part. Deux colonnes s’avancent; les hommes d’un côté, lesfemmes de l’autre , marchent sur deux files parallèles. Au milieu du peuple, et dessections armées , rangées avec ordre , paroissent les représentants de la nation : ils sontenvironnés par l’enfance , ornée de violettes ; l’adolescence , de myrthe ; la virilité, de chêne ;et la vieillesse aux cheveux blancs , de pampre et d’olivier. Durant la marche on couvred’offrandes et de fleurs la statue de la Liberté . On arrive ensuite au champ de laRéunion. Là les peres , soulevant leurs enfants entre leurs bras , les présentent enhommage à l’auteur de la nature ; les jeunes filles jettent vers le ciel les fleurs qu’ellesont apportées. Une décharge d’artillerie annonce que la fête est terminée. Tous lesspectateurs se retirent, ainsi que le cortege , le cœur rempli des plus doux sentimentset pénétré de la joie la plus pure.

Nous avons peint la fête à l’Être suprême et les sentiments des citoyens. Quelcontraste , quel tableau différent la vérité de l’histoire nous force de joindre ici. Iln’est que trop certain que Robespierre , voyant la facilité avec laquelle le peuple , etles ministres du culte , renioient en quelque sorte leurs anciennes divinités , conçut leprojet de jouer un rôle semblable à celui de Mahomet . Il cherchoit aussi à s’étayer