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Tome second.
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G E N T-G I N Q U I E M E TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

ATTAQUE DE LA MAISON COMMUNE DE PARIS,

LE 27 JUILLET 1794;

LE 9 THERMIDOR, AN DEUXIEME DE LA RÉPURLIQUE.

Enfin nous voici parvenus à une époque consolante, la cessation du régime révolu-tionnaire et la chiite des décemvirs. On va voir des ambitieux , rivaux de crimeset de pouvoirs , se détruire eux-mêmes, à-peu-près comme des brigands qui, réunispour le meurtre, se divisent et s’égorgent pour le partage des dépouilles. La convention,considérée en masse , va se montrer aussi grande , aussi imposante qu’elle avoit étévile sous l’oppression , et la perspective d’un plus doux avenir s’offre enfin à nosyeux.

Tant de tribuns , également pervers , également ambitieux , ne pou voient demeurerlong-temps unis. Le caractère haineux et jaloux de Robespierre ne souffroit pointd’égaux ; ses complices vouloient bien partager sa dictature , mais ils ne vouloientpas subir la sienne. Eh! pouvoit-il exister de liaison solide entre des hommes qui seconnoissoient trop pour ne pas se craindre mutuellement ? Le premier moyen qui entradans le plan des tyrans dut être une égalité de férocité. Mais il n’y a point d’égalitédans la nature , pas même celle de cruauté \ les membres des deux comités de gou-vernement étoient plus ou moins tigres , plus ou moins cannibales. La rivalité , l’envie,se manisfesterent entre ces monstres différents : l’un vouloit assassiner plus , l’a.utrevouloit égorger moins *, celui-ci avoit plus d’audace , cet autre plus de timidité. Lascission éclate bientôt entre les meneurs du comité de salut public au sujet de quelquesvictimes à immoler : cette scission transforme le décemvirat en deux partis de triumvirs ,qui pendant quelques jours ont lutté pour se supplanter : d’un côté, Robespierre ,Couthon et Saint-Just ; de l’autre , Barrere ( 1 ), Collot-d’Herbois , et Billaud-Varenne .Robespierre , s’appercevant qu’il avoit excité la jalousie de ses co-assassins , essaya desonder leurs forces , de déclamer vaguement contre eux , et d’ameuter les jacobins.Par-là il découvrit sans le vouloir la division survenue dans les comités-, c’étoit

( 1 ) Barrere , pour parler avec plus d’exactitude, caressoit les deux partis , flagornoit Robespierre,et ménageoit Collot et Billaud.

N n n n n