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Tome second.
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CENT-VINGT-CINQUIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

PREMIERE SÉANCE DE L’INSTITUT NATIONAL,

LE 4 AVRIL 1796;

LE i5 GERMINAL, AN V DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.

Au nom seul d’institut national, un grand intérêt se présente à l’esprit. Avant le9 thermidor, avant cette époque à jamais mémorable, des hommes qui avoient leursmotifs pour vouloir tout couvrir de ténèbres étoient toujours prêts à traiter de cri-minels ceux qui auroient parlé d’instruction et de lumières. C’est sur-tout des décem-virs et de leurs innombrables agents qu’il étoit vrai de dire qu’ils craignoient leshommes éclairés comme les brigands et les assassins craignent les réverbères. La re-naissance des arts doit à-la-fois terminer la révolution française , et en commencer unedans l’esprit humain. Pour entreprendre avec succès de régénérer, de raviver les arts,il falloit que les principes du gouvernement fussent tels que, loin d’avoir rien à redou-ter des progrès de la raison, ils pussent y puiser une nouvelle force et une nouvelleautorité. Il falloit encore que l’expérience , soit celle du temps , soit celle du mal-heur, eût consolidé ce gouvernement, qu’il fût plein de vie et de mouvement, qu’ilne fût plus tourmenté par des orages politiques, que la liberté n’eût plus aucune con-quête à faire dans l’intérieur , et que la nation tout entière sentît que, pour repousserà jamais les attaques criminelles des ennemis de la chose publique, il étoit nécessairede faire revivre les maximes d’une bonne morale, d’une philosophie sage, et d’unesaine politique. Telle est la puissance des beaux arts, qu’en augmentant, en éten-dant l’éducation nationale, ils améliorent l’esprit public , font aimer le gouvernementétabli, inspirent l’horreur du trouble et de la sédition, et changent en bien toutes lesdestinées de l’espece humaine. Mais les tyrans ont leur instinct comme les bêtesféroces j et cet instinct leur lit concevoir combien il étoit de leur intérêt de yandaliserla France (1).

A la révolution de 89 , amenée par les lumières répandues sur une petite partie dela nation, l’espérance la plus brillante , l’attente la plus universelle , étoient cellesd’un nouveau plan d’éducation , et d’une nouvelle impulsion donnée aux sciences,seul moyen de mettre la nation en état d’exercer avec sagesse la souveraineté qui luiétoit rendue. On étoit impatient de voir remplir le vuide immense que laissoientdans les esprits tant de préjugés anéantis : mais l’assemblée constituante, enorgueillie

( 1 ) On a voulu rejeter sur les philosophes les écarts, les malheurs où nous ont plongés des déma-gogues délirants. Pour faire tomber cette inculpation , il suffira d’observer que Robespierre etCouthonne suivoientpas les maximes de Rousseau, qui dit en termes formels que, pour établir une république,il ne faut pas la remplir de mécontents. Il est vrai que ces hommes ne vouloient pas de république.

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