DE LA RÉVOL UTIO H-. Si?
«c démasque les richesses accusatrices. Mais laissons ces vils détracteurs se consumer« dans leur rage impuissante, et portons nos regards vers des objets plus consolants;cc parcourons les vastes plaines de la France fertilisées par les bras généreux des vain-« queurs de tant de rois ; voyons l’industrie nationale renaissante, le commerce encou-ic ragé reprendre son activité , et ouvrir tous les canaux de l’opulence publique ;« visitons les monuments augustes que le génie de la liberté ajoutera à tous ceux dontce vous avez enrichi la patrie ; contemplons cette foule d’étrangers qui, attirés par la« pompe de nos fêtes nationales, par leurs affaires , ou par la curiosité, inondent noscc ports, nos routes et nos villes; et plaisons-nous à répéter que, si la paix créatricecc de tant de merveilles répand de tels bienfaits sur la grande nation, c’est aux arméescc républicaines , c’est à la modération nationale qu’elle est due; répétons qu’en signantce la paix, vous avez achevé de répondre a la juste confiance que le gouvernement avoit« mise en vous. La paix ramene nécessairement les jours de l’ordre, replace tous lesce hommes sous le point de vue de leur utilité ; mais sur-tout elle nous procure cet« avantage inappréciable de consolider le gouvernement républicain, et de porterc< d’avance un coup terrible à l’insolente Angleterre , dont la conquête vous appelle.
cc Quoi de plus redoutable pour tous les ennemis de la république que raffermissement« du gouvernement Français ! Rappellerai-je au mépris et à l’indignation de tous les« républicains la politique du cabinet de Londres , si constant dans l’infamie et la scélê-cc ratesse? Vil Carthaginois, il n’a pas l’audace de la guerre; il ne connoît plus quecc l’art des empoisonnements, des assassinats; il excelle sur-tout dans la fabricationcc de la fausse monnoie, et avec les produits du crime il acheté et salarie la Vendée .« Le courage républicain étouffe cette hydre ; soudain l’Anglais installe les tribunaux« révolutionnaires, inonde les échafauds de sang français . Le 9 thermidor fait justice«'de ce nouvel attentat; mais bientôt ce ministère, infatigable dans le crime, convoque« les sections et les embrase du feu de la révolte. L’organisation prochaine du gou-cc vernement constitutionnel se presentoit à lui comme une colonne qui l’écraseroitcc un jour : il falloit l’étouffer dans son berceau; il fut encore trompé dans son attente,cc Enfin c’est dans les autorités constituées qu’il seme le germe de la contre-révolution;<c la corruption pénétré dans toutes les assemblées primaires ; elle enfante de mauvais« choix.....
cc Tandis que la France étoit triomphante au-dehors, elle étoit trahie dans l’intérieur« par ses magistrats; la république étoit à deux doigts de sa perte. .. . Alors, général,cc vous pressentîtes la nécessité de l’immortelle journée du 18 fructidor ; vos braves« compagnons d’armes l’appelerent dans leurs adresses énergiques, quand le gouver-cc nement la méditoit dans sa sagesse; leurs cris généreux, du fond de l’Italie , furentcc entendus par l’armée de Sambre et Meuse , et son général accourut lui-même porter« au gouvernement le vœu de ses intrépides freres d’armes. Pourquoi la mort l’a-t-elle« empêché de jouir plus long-temps du triomphe de la liberté ? Pourquoi le génie decc la France , qui tant de fois dans les combats avoit écarté de lui le fer homicide, n’a-t-ilce pas écarté aussi le coup affreux qui éteignit avec tant de barbarie des jours déjà sicc glorieux et si chers à tous les Français ? Immortel Hoche !... comme nous Buonapartecc cherche en vain ici son ami : la patrie l’a perdu. Quel spectacle touchant pour lacc nation, si, dans cette mémorable journée, le directoire pouvoit presser dans ses brasce le pacificateur de l’Europe et le pacificateur de la Vendée !
cc Ainsi donc le 18 fructidor, objet des vœux de tous les sincères amis de la patrie,« vint accroître les nombreuses défaites et la honte du gouvernement anglais ... . ( 1 ) Le
(1 ) Nous regrettons d’être forcés par les bornes de cet ouvrage de supprimer ici une partie du beaudiscours que nous transcrivons.