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Tome second.
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CENT-TRENTE-DEUXIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

ENTRÉE TRIOMPHANTE DES FRANÇAIS DANS ROME ,

LE 27 PLUVIOSE, L’AN VI DE LA RÉPUBLIQUE.

On doit compter la cour de Rome au nombre des puissances qui ont manifesté leplus de haine contre la révolution française. Trop foible pour seconder efficacementles rois ligués contre nous, elle se trouva réduite à déguiser long-temps ses sentimentssous les apparences de la neutralité, et à ne faire qu’une guerre secrete à ceux qu’ellene pouvoit attaquer ouvertement. L’accueil distingué que le pape fît aux tantes deLouis XVI qui se réfugièrent à Rome en 1791 > et l’assassinat de Basseville, ambassadeurde la république française , annoilçoient suffisamment les intentions hostiles du Vatican .L’église sait trop bien que si les rois ont besoin de son ministère pour tenir les peuplesdans l’obéissance, elle 11’a pas moins besoin d’eux pour étayer son despotisme et sou-tenir ses usurpations.

Quand la chute du trône eut été consommée en France et que la république eut étédécrétée, l’Italie, et particulièrement Rome , devinrent l’asyle d’une foule de prêtresqui fuyoient leur patrie, aux lois de laquelle ils ne vouloient point obéir; ils portèrentchez les étrangers ces préventions que l’esprit de parti, l’orgueil, l’intérêt, et le plusaveugle fanatisme leur avoient fait concevoir ; ils répétèrent les mensonges absurdesque répandoient les gazettes payées par les gouvernements en guerre avec nous. Depareilles déclamations dévoient obtenir un grand succès chez un peuple crédule , oisif,et avide de nouveautés, qui nourrit habituellement son inaction des récits les plusridicules, et qui devoit en cette occasion se laisser surprendre avec d’autant plus defacilité qu’on l’alannoit pour la religion, la seule chose qu’il respecte, et que songouvernement étoit intéressé à propager, à agrandir toutes les calomnies qu’on accu-muloit contre notre révolution : aussi la cour de Rome n’a cessé de se démontrer contrela France toutes les fois qu’elle a cru pouvoir le faire impunément.

Lorsque nos armées victorieuses se sont répandues comme un torrent dans laLombardie, après la victoire de Saorgio, le pape se hâta de conclure à Bologne unarmistice; mais on le vit refuser d’en exécuter les articles dès qu’il crut qu’il seroitpuissamment soutenu par l’empereur : ses troupes s’approchèrent de Bologne jusqu’àdix milles, et menacèrent d’envahir cette ville ; il refusa de répondre aux avancesofficielles qui lui avoient été faites par le citoyen Cacault, ministre de la républiquefrançaise, pour l’ouverture des négociations d’une paix définitive : ce qui prouve que ledirectoire n’avoit point l’intention de s’emparer des états du pape. Aussi Buonaparte ,fidele au vœu du gouvernement, n’a cessé, malgré ses victoires, d’offrir sans cesse la

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