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Chimie / A. Bouchardat
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AIR ATMOSPHÉRIQUE . 29

mourons fort au-dessous de cette limite, afin d’être sûrs qu'aucuneportion d’oxygène n’échappe à l’action du métal.

» 11 suffit de voir comment l’expérience se comporte, pour êtrepleinement rassuré à ce sujet. En effet, l’air se dépouille tout àcoup d’oxygène dès son entrée dans le tube. Le cuivre qui s’oxydeoccupe une zone tout à fait limitée; et, après les plus longues ex-périences, l’oxydation se trouve renfermée dans l’espace de 2 ou3 centimètres. La presque totalité du tube contient donc encore,à la fin de l’expérience, du cuivre métallique doué de tout sonéclat, et éminemment propre à recueillir les dernières traces d’o-xygène;

» Nous n’avons pas voulu néanmoins nous en rapporter à cesapparences. Tout étant disposé comme à l’ordinaire, nous avonstriplé la vitesse du courant d’air dans l’appareil, et, sous cettecondition défavorable, nous avons essayé s’il retenait de l’oxy-gène ; il n’en avait pas gardé la moindre trace. En effet, nousavons dirigé l’azote tout entier au travers d’un tube contenant unedissolution ammoniacale de protochlorurc de cuivre bien incolore,et nous n’avons pas pu découvrir le moindr n indice de colorationdans ce liquide. Or, la plus légère trace d’oxygène l’aurait faitpasser au bleu foncé.

» Parmi les causes d’erreur qui pourraient exercer une grandeinfluence sur les résultats des analyses faites par la méthode quenous avons décrite, la plus grave à la fois et la plus facile à éviter,est celle qui proviendrait de la présence de l’eau dans le cuivreemployé. Avec des soins convenables on se met à l’abri de cet in-convénient; mais il est plus simple de faire passer d’abord dans letube qui contient le cuivre, quelques litres d’air; le tube étantchauffé au rouge, on oxyde ainsi, et l'on perd un peu de cuivre,mais on enlève les plus petites traces d’humidité ; on fait ensuite levide dans le tube refroidi, on pèse celui-ci, et l’on procède à sonanalyse.

” Exécutées à l’aide de ce procédé et sur une grande échelle,toutes nos expériences, sans exception, sont venues confirmerla composition de l’air admise par les chimistes français , et fondéesur les belles expériences eudiome'triques par lesquelles MM. deHumboldt et Gay-Lussac ont fixé, il y a 35 ans, la composition del’air d’une manière irréprochable dans ses limites de sensibilitéde leur instrument.

» L’air que nous soumettions à l’analyse était aspiré par destubes de verre qui le puisaient dans le jardin de mon laboratoire,près le Jardin des Plantes . Quand nous faisions deux analysessimultanées, les deux tubes aspirateurs venaient se terminer au

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