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que l’air ne peut servir à la respiration : l’oxygène pur est tropactif; les autres fluides agissent ou comme poisons ou commematière inerte; l’acide carbonique est dans le premier cas, l’azoteest dans le second.
Lavoisier et Seguin ont fait des expériences nombreuses sur larespiration. Admettant qu’un homme consomme en 24 heures755 litres d’oxygène, il ressort de ce fait qu’un homme peutconsommer l’oxygcnc contenu dans plus de 3 mètres 1/2 cubesd’air atmosphérique. Ceci pourrait faire craindre que la provisiond’air respirable viendra un jour à s’épuiser. Pour faire cessertoutes les appréhensions à cet égard, -citons un passage d’unmémoire de M. Dumas : « Le calcul montre qu’en exagérant toutesles données, il ne faudrait pas moins de 800,000 années auxanimaux vivants à la surface de la terre , pour faire disparaîtrel’oxygène en entier. Par conséquent, si l’on supposait que l’ana-lyse de l’air eut été faite en 1800, et que pendant tout le siècleles plantes eussent cessé de fonctionner à la surface du globeentier, tous les animaux continuant d’ailleurs à vivre, les ana-lystes, en 1900, trouveraient l’oxygène de l’air diminué de 1/8000°de son poids, quantité qui est inaccessible à nos méthodes d’ob-servations les plus délicates, et qui, à coup sûr, n’influerait enrien sur la vie des animaux ou des plantes. Ainsi, ne nous y trom-pons pas, l’oxygène de l’air est consommé par les animaux, quile convertissent en eau et en acide carbonique ; il est restitué parles plantes, qui décomposent ces deux corps. Mais la nature atout disposé pour que le magasin d’air fût tel relativement à ladépense des animaux, que la nécessité de l’intervention des plan-tes pour la purification de l’air ne se fit sentir qu’au bout dequelques siècles.
» L’air qui nous entoure pèse autant que 581,000 cubes de cui-vre d’un kilomètre de côté ; son oxygène pèse autant que 134,000de ces memes cubes. En supposant la terre peuplée de millemillions d’hommes, et en portant la population animale à unequantité équivalente à trois mille millions d’hommes, on trouveraitque ces quantités réunies ne consomment en un siècle qu’un poidsd’oxygène égal à 15 ou 16 kilomètres cubes de cuivre, tandisque l’air en renferme 134,000. Il faudrait 10,000 années pour quetous ces hommes pussent produire sur l’air un effet sensible àl’eudiomètre de Volta, môme en supposant la vie, végétale anéan-tie pendant tout ce temps.
» En ce qui concerne la permanence de la composition de l’air,nous pouvons dire avec toute assurance que la portion d’oxygènequ’il renferme est garantie pour bien des siècles, même en sup-