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Chimie / A. Bouchardat
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RESPIRATION. 41

posant nulle l’influence (les végétaux, et que néanmoins ceux-cilui restituent sans cesse de l’oxygène en quantité au moins égaleà celle qu’il perd, et peut-être supérieure ; car les végétaux viventtout aussi bien aux dépens de l’acide carbonique fourni par lesvolcans, qu’aux dépens de l’acide carbonique fourni par lesanimaux eux-mêmes. »

J1 11 e faut pas croire que lorsqu’on est renfermé dans un espacedéterminé on peut consommer sans être incommodé les dernièresportions d’oxygène que l’air renferme ; il ne faut pas que cetteproportion dépasse le quart de celle qui existe. D’après cela, pourqu’un homme n’éprouve aucun malaise dans une salle bien closependant 24 heures, l’espace doit être au moins de 14 mètrescubes.

Cherchons maintenant comment agit l’oxygène dans la respira-tion. Les plus belles recherches à cet égard sont dues à Priestley et Lavoisier . Ces savants ont reconnu, et ces faits ont été vérifiésdepuis, que l’air expiré contient plus de vapeur d’eau, un peumoins d’oxygène, et plus (l’acide carbonique que l’air inspiré ;que l’azote varie à peine dans ses proportions, enfin que le volumedel’air expiré estpresque égal à celui de l’air inspiré. De ces faits,Lavoisier et Laplacc conclurent que dès que le sang veineux estmis en contact avec l’air, dans les vaisseaux capillaires despoumons, l’oxygène lui enlève une portion de son carbone , qu’iconvertit en acide carbonique, de son hydrogène qu’il convertiten eau. Ces deux produits sont rejetés par la contraction despoumons. Le sang veineux, ainsi privé d’une portion de carbone(l’hydrogène, recouvre toutes les propriétés de sang artériel.

Cette théorie de la respiration est extrêmement simple, le phéno-mène essentiel consiste en une véritable combustion. M. Edwardsa constaté que ce n’était pas dans les poumons seulement, maisdans tout l’appareil circulatoire, que s’opérait cette remarquabletransformation ; quoi qu’il en soit, l’hypothèse de Lavoisier n’enest pas moins indubitable dans ses résultats définitifs. On a ainsiune explication bien simple de la production de la chaleur ani-male. MM. Dulong et Despretz ont cru qu’on ne pouvait ainsirendre compte que des 9/lO es de la chaleur produite ; mais, endiscutant les expériences de ces savants, M. Dumas a montré qu’ilexiste quelques chances d’erreur dans la méthode qu’ils ont em-ployée, et qu’il est démontré, comme Lavoisier l’avait établi, quetoute la chaleur animale vient de la respiration, qu’elle se mesurepar le charbon et l’hydrogène brûlé pendant cet acte. C’était àces recherches qu’était occupé notre immortel chimiste, quandla hache des terroristes vint trancher le cours d’une vie si uti-

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