140 CHIMIE.
Aucun métal n’est soluble dans l’eau s’il n’est oxydé, encorecette propriété n’appartient-elle qu'à quelques-uns. Les métauxde la l ie section la décomposent à la température ordinaire; lesmétaux de la 2 e section opèrent la décomposition de l’eau à unetempérature de 100 à 200°. Ceux de la troisième, à une températurerouge ; ceux des autres sections ne la décomposent pas ; la pré-sence d’un oxacide puissant, en aidant la réaction, fait acquérir,aux métaux de la 2 e et de la 3 e section, la propriété de décom-poser l’eau àla température ordinaire. Dans tous les cas, l’oxygènede l’eau se combine au métal, et l’hydrogène se dégage. Les prin-cipaux hydracidcs donnent également lieu à un dégagementd’hydrogène; mais alors on admet que c’est l’hydrogène de l’a-cide qui devient libre pendant que son radical se combine aumétal.
Les métaux autres que le chrome, le tungstène, le colombium,le titane, l’urane, le cérium, l’osmium, le palladium, le rhodium,le platine, l’or et l’iridium, décomposent l’acide sulfurique con-centré à la température de 100 à 200°. Toutefois la décompositionsc fait plus ou moins facilement, selon la cohésion du métal, ouson affinité pour l’oxygène. Quoi qu’il en soit, toujours il y a for-mation d’un sulfate et dégagement d’acide sulfureux. Si l’acideétait étendu d’eau, alors il n’agirait plus que sur les métaux destrois premières sections, l’étain excepté ; alors l’action est vive,l’eau est décomposée ; il se dégage de l’hydrogène et il se formeun sulfate. Remarquons qu’à l’acide sulfurique concentré, conte-nant toujours de l’eau, il doit y avoir aussi dégagement d’hy-drogène.
Vacille azotique concentré attaque les mêmes métaux que l’a-cide sulfurique, plusl’uranc et le palladium ; son action a lieu leplus souvent à la température ordinaire. Il en résulte ordinaire-ment du gaz oxyde d’azote ou du gaz azote, et un oxyde métalliquequi s’unit le plus souvent à l’acide. Il peut en résulter aussi que,le métal s’acidifiant, il n’y ait point de combinaison awc l’acide.Quelquefois l’eau se trouve décomposée en même temps que l’a-zote de l’acide azotique devient libre : alors l’hydrogène à l’étatnaissant se combine avec l’azote, et forme de l’ammoniaque quis’unit avec une partie de l’acide. Cette réaction a surtout lieu avecla limaille de fer. L’acide azotique un peu affaibli agit encoreénergiquement sur les métaux ; quelquefois même son action estplus prompte ; c’est ce qui arrive avec la limaille de fer ou la gre-naille d’étain. En effet, l’acide concentré ne les attaque pas, pen-dant que l’acide un peu étendu produit une réaction des plusvives.