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n’était chez eux confié qu’à un très-petit nombre d’individus, etce n’est pas ainsi que les découvertes se perfectionnent. Si, depuisla première apparition de la poudre dans l’occident, il a fallu aumoins deux siècles, avec le secours de toutes les nations jeunes etintelligentes de l’Europe , pour que l’artillerie commençât seule-ment à jouer un rôle digne de l’avenir qui lui était réservé, oncomprendra facilement quels obstacles invincibles s’opposaientàson progrès et à son développement chez les Grecs du Bas-Empire,dont l’état de décrépitude et d’abâtardissement se révèle à chaquepage de leur histoire.
La poudre à canon se trouve mentionnée pour la première fois,avec un des noms qu’elle a encore aujourd’hui, dans un ouvragearabe sur les machines de guerre, ouvrage dont l’auteur vivait enEgypte vers 1249, c’est-à-dire, précisément à l’époque de la croi-sade de Saint-Louis dans ces contrées.
D’Egypte la poudre dut suivre la route qui lui était naturelle-menttracée par les conquêtes arabes, c’est-à-dire, la côte d’Afrique ,d’où elle ne tarda pas à passer en Espagne . Là, nous la voyonsfigurer en 1257, au siège de Niébla. 11 en est encore fait mentiondans un poème arabe sur les machines de guerre, dont l’auteurvivait en 1272. Plusieurs années avant cette dernière date, RogerBacon avait, dans deux de ses ouvrages, parlé à différentes re-prises de la poudre, dont il décrit, en les exagérant toutefois, lesrésultats qu’on pourrait en obtenir. Il tire ses preuves des effetsproduits par le pétard. « Ce jouet d’enfant, dit-il, est usité dans plu-sieurs parties du monde ; néanmoins la composition de la poudredevait être connue seulement de quelques adeptes, car il ne ladonne que sous le voile de l’anagramme.
Enfin, nous devons dire un mot du célèbre traité de MarcusGræcus : liber ignium ad comburendos hostes, dont il existe deuxmanuscrits à la bibliothèque royale : le plus ancien est du xiv raesiècle. On ignore à quelle époque a vécu l’auteur, car il est im-possible d’admettre une assertion émise par Datons, dans sesOrigines des découvertes attribuées aux modernes, et qui depuis,a été répétée dans un grand nombre d’ouvrages. Il prétend queMarcus Græcus vivait avant le ix me siècle, parce qu’il trouve,dit-il, son nom cité dans le médecin arabe Mésué. Or, dans cedernier, il y a seulement et dicit Græcus, c’est-à-dire Hippocrate .Quoi qu’il en soit, ce traité très-certainement traduit du grec, ren-ferme une trentaine de recettes plus insignifiantes et plus absurdesles unes que les autres : telles sont celles du feu grégeois et desfeux trouvés par Aristote et devant durer neuf ans. Mais il y ena deux, et une surtout, qui donnent la composition de la poudre,