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Chimie / A. Bouchardat
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304 CHIMIE.

et pulmonaire, la ventilation clans les salles d’hôpitaux devra four-nir par malade et par heure 30 m. c., 200 litres d’air pur à 16 de-grés de température.

De l'air altère par des miasmes ou des gaz délétères. — L’air al-téré par des miasmes ou par des gaz délétères peut déterminerun grand nombre de maladies, souvent mortelles. Il serait doncfort important pour nous de bien connaître ces altérations ; mal-heureusement l’état de la science, sous ce rapport est loin d’ètrccomplètement satisfaisant. Cependant plusieurs questions, cellessurtout qui se rapportent aux gaz délétères, ont reçu d’heureusessolutions.

MIASMES. — Plusieurs maladies et particulièrement des lièvreséruptives, telles que,la variole, la scarlatine, la rougeole, peuventêtre transmises par l’intermédiaire de l’air ; on a donné le nom demiasmes à ces particules délétères qui peuvent être transportéesau loin par l’air. Ce fluide renferme souvent des matières diversesque notre odorat y révèle et que l’analyse chimique n’y démontrepas facilement. Voici les expériences qui établissent l’existencede malières animales dans l’air dans clés conditions données.MM. Thénard et Dupuytren ont démontré qu’en agitant de l’eaudistillée dans un amphithéâtre de dissection, on obtenait uneeau qui abandonne des flocons de matières animales et finit parse putréfier.

Ou ne saurait se refuser à admettre l’existence de matièresanimales clans l’air non renouvelé, où séjourne un grand nom-bre d’individus ; elle se trahit souvent par une odeur repoussante.M. Pécletet M. Dumas affirment que l’air expulsé par des chemi-nées d’appel destinées à opérer la ventilation des salles d'assem-blées nombreuses, exhale souvent une odeur tellement infecte,qu’on ne saurait la supporter impunément, même pendant untemps assez court.

Mascati a fait voir qu’en suspendant des globes de verre rem-plis de glace dans l’air clés rizières de la Toscane ou dans celui dessalles des hôpitaux, il venait s’y condenser une eau qui renfer-mait une matière animale susceptible cle la faire putréfier. Cetteobservation, qui réussira toujours clans une salle d’hôpital rem-plie de malades, ne démontre cependant pas la présence de mias-mes nuisibles; car une agglomération d’individus sains condui-rait au même résultat; cependant des maladies simples et facilesà guérir, lorsqu’on les observe en ville, devenant souvent mor-telles et contagieuses dans les hôpitaux par le seul fait du ras-semblement des individus, devraient engager à faire des recher-ches pour les assainir. MM. Boussingault et Rivero ont observé