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Chimie / A. Bouchardat
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300 CHIMIE.

n’était pas en droit de conclure qu'il était cause de cette insalu-brité. Pour établir avec certitude que, de ces deux faits, le der-nier était la conséquence du premier, il fallait empêcher et re-nouveler successivement le mélange, et s’assurer ainsi que la sé-paration des eaux douces et salées était suivie de l’assainissementde l’air, dont les qualités méphitiques et pestilentielles reparais-saient dès que cette séparation venait à cesser. C’est ce qui a étéfait avec un succès complet, et c’est cette expérience intéressantequ’on va raconter en détail.

Au sud des Apennins liguriens gît une plage marécageuse , bor-dée à l’ouest par la Méditerranée, sur une longueur de près dedouze mille d’Italie; au sud, par le Serchio ; à l’est par les der-niers contreforts des Apennins , et au nord, par le Frigido, torrentipii naît presque au pied des Apennins, dans l’état de Carrare , deMassa, et se jette dans la mer, après un cours de trois à quatremilles d’Italie . La largeur de cette plaine, depuis la mer jusqu’aupied des montagnes et des collines (pii la bordent du côté de l’estest de deux à quatre milles. Elle est traversée, de l’est à l’ouest,par quelques torrents qui naissent à peu de distance dans lesmontagnes, et se déchargent dans les marais ou directementdans la mer.

Ceux-ci sont, y compris le Serchio et le Frigido, le Fiumc deCamajorc et le Fiume de Pietra-Santa ou Fiumetto ; ils n’ont pointde communication avec les marais, qu’ils partagent en trois bas-sins séparés. Cette plaine marécageuse peut, avec toute proba-bilité, être regardée comme formée par les sables charriés parl’Arno et le Serchio , dans l’intérieur du golfe, qui s’étendait au-trefois jusqu’au pied des montagnes de l’est.

Les eaux de pluie et celles des sources peu abondantes qui s'é-coulent dans les trois bassins mentionnés, se déchargent lente-ment dans la mer par des canaux naturels ou artificiels qui percent

le banc (1e sable qui borde la côte.

Le niveau des eaux stagnantes indiquées à peine supérieur acelui de la mer pendant le reflux, lui est inférieur pendant le flux,quoique celui-ci soit très-peu considérable dans cette partie delàMéditerannéc. Dans cet état de choses, avant la construction desouvrages hydrauliques dont nous allons bientôt parler, les eauxde la mer, s'élevant par le flux ou par toute autre cause, s’iiitr 0 '(luisaient par ces émissaires dans les bassins qu’elles inomlaieutjusqu’au pied des montagnes, toutes les fois surtout que la w (rdevenant orageuse, poussait avec violence ses vagues dans 1 in-térieur. Le mélange des eaux douces et salées qui en résultait, et,qui était, en été, rarement et lentement renouvelé, se corrompt" 1