308 CHIMIE.
struction d’une écluse près de l’embouchure de la Burlamacca,dont les portes mobiles seraient fermées comme des soupapes parles eaux de la mer élevées par le flux ou les tempêtes, et seraientouvertes pour l’écoulement des eaux du marais ; des que, leur ni-veau étant devenu supérieur à celui de la mer, les forces des eauxintérieures auraient le dessus.
La République , désirant adoucir tant de maux, ordonna, en1740 , la construction de cet ouvrage, qui fut achevé en 1741.Le succès le plus complet et le plus inespéré couronna cette entre-prise, dont l’utilité avait pu, jusqu’alors , paraître douteuse. Dèsl’année qui suivit cette construction, on ne vit point reparaîtreni à Viareggio , ni à Massa-Ciuecoli, ni à Quiesa , ni dans les autresparties plus éloignées des bassins de Montrone et de Perotto, cesterribles maladies qui, tous les ans, venaient les désoler.
Leshahitans, dont l’état n’était pas encore irrémédiable, ren-dus à la force et à la santé, purent enfin espérer une vie plussupportable et moins précaire pour eux et pour leur postérité àlaquelle la fertilité et l’étendue des terres promettaient une exis-tence aisée et tranquille. Depuis lors la population s’est rapide-ment accrue et se trouve encore, en ce moment, progressive.Viareggio est devenu un bourg très-considérable, et tout soup-çon d’insalubrité en a disparu, au point que les premières famillesde la ville de Lucques y ont, depuis long-temps, bâti des palaisqu’elles viennent habiter dans les mois d’été. Mais si quelquesdoutes pouvaient rester encore dans les esprits les plus diflicilessur la cause de ce changement inespéré ; deux événemens mal-heureux ne tarderaient pas à les lever. Dans les étés 1708 et 1709,Viareggio et les paroisses voisines des lacs de Massa-Ciuecoli furentde nouveau ravagées par les maladies. Il résulte des registres dela paroisse, que Viareggio eut, dans ces deux années, 170 mortssur une population de 1,330 Ames ; ce qui fait près de 1 sur 15 prrannée , tandis qu’il n’en eut que 32 dans l’année suivante , c’est-à-dire à peu près 1 sur 40. La cause de cette épidémie avait étéreconnue, et détruite; on avait réparé les portes de l’écluse qui,étant endommagées, avaient permis, dans les années 1768 et1769, le passage à l’eau de la mer.
Un oubli pareil se renouvela dans les années 1784 et 1785 ; leservice des portes de l’écluse avait été interrompu ; le nombredes morts s’éleva, en 1784, à 92 sur 1,898 hahitans, c’est-à-dire,1 sur 20 environ. En 1785 il fut de 103 personnes sur 1844, c’est-à-dire, de 1 sur 18 environ. On lit dans les rapportspréseutésau gou-vernement que, dans l’année 1784, Viareggio renfermait 1,200malades Sur le nombre déjà indiqué de 1,898 hahitans. On lit