GAZ DÉLÉTÈRES. 309
cesser cette épidémie comme celle de 1769, en réparant les dé-gâts que les portes de l’écluse avaient soufferts. Ces observationssont décisives ; elles prouvent que pendant les chaleurs de l’été,le mélange des eaux douces et des eaux salées dans des marais,donne naissance à des principes délétères. Nous allons rechercherquel en est la nature.
Nous arrivons maintenant aux recherches de M. F. Daniell ; sonattention se porta d’abord sur l’analyse de dix échantillons diffé-rents d’eau des embouchures de plusieurs rivières sur la côte oc-cidentale de l’Afrique . Les lords de l’amirauté lui demandèrentcette analyse pour découvrir la cause de la destruction rapidedu doublage en cuivre des navires employés dans ces stations,qui était plus altéré pendant un voyage de neuf mois sur les côtesd’Afrique , que par quatre ans de navigation dans d’autres pa-rages. (11 paraît que MM. les lords se préoccupèrent davantagedu doublage de leurs vaisseaux que de la santé des équipages quela mal aria décime dans ces contrées inhospitalières). M. Fr. Da-niell reconnut, dans toutes ces eaux, l’existence du gaz sulfhy-drique (hydrogène sulfuré ), et il admet, comme plusieurs chi-mistes l’avaient prouvé avant lui, et entre autres Vauquelin,M. O.Henri et M. Fontan, que l’origine de ce gaz délétère qui se trouveainsi sur les côtes (l’Afrique , dans une étendue de plus de 16 de-grés de latitude, doit être attribuée à l'action d’immenses quan-tités de matières animales sur les sulfates de l’eau de la mer.Mais maintenant, dit M. Daniell, ou peut se demander si l’existencede ce gaz délétère dans l’atmosphère , conséquence de sa disso-lution dans l’eau, ne doit pas accompagner ces miasmes qui ontété si funestes à tous les explorateurs de l’Afrique . Je fus surprisd’abord que personne n'eût observé l’odeur nauséabonde que de-vait dégager l’eau chargée de ce gaz à la température élevée desré-gions équinoxiales ; lisant alors le récit (l’une expédition dans l’in-térieur de l’Afrique, en remontant le Niger , entreprise par MM. MacGrégor Laird etOldfield, je trouvai les observations suivantes :
Les principales causes (1e mortalité sont, je crois, le passaged’un Océan sans bornes, à une rivière étroite et tortueuse , l’ab-sence des brises de mer, et le dégagement de miasmes putridesqui s’élevaient de marécages environnons. Il faut en avoir sentil’horrible fétidité pour concevoir l’accablement physique et mo-ral, et les sensations de malaise et de dégoût auxquelles on finitsouvent par succomber.
Ces observations étaient faites dans les memes lieux d’où pro-venaient les eaux que j’ai examinées.
On sait que 1/1500 e d'hydrogène sulfuré, mêlé à l’atmosphère,