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agit comme un poison sur de petits animaux, et les sensationsdécrites par M. Laird sont précisément celles qu’ont éprouvéesles personnes soumises à l'influence du gaz délétère en petitesquantités. On ne peut guère considérer comme improbable qu’uncorps qui peut agir comme un poison violent, mêlé en propor-tions assez peu considérables à l’atmosphère, n’aggrave encoredes aecidens qui pourraient, d’ailleurs , avoir une autre origine.
Il est digne de remarque qu’au moment d’entrer dans la rivière,on reconnut la cause d’une vapeur malsaine dont on avait long-temps souffert. La suite que M. Danicll a donnée à ces recherchesprouve que les plus funestes aecidens dus à la mal aria sont liésavec la production d’hydrogène sulfuré.
M. Darwin , dans son intéressant Journal de voyage de l'Aven-ture et du Beagle , parle souvent de localités semblables sur lacôte du Pérou . Il mentionne l’efflorescence des sulfates de soudeet de magnésie à la surface du sol, et l’odeur fétide de la vase deslacs salés.
Les fièvres de l’Inde ne peuvent-elles pas avoir la même ori-gine ? Le sol contient en abondance des nitrates de potasse et desoude, mais aussi des sulfates de soude et de magnésie. Ces sels |étant lavés par les pluies périodiques qui entraînent aussi les lfeuilles flétries, rien n’empêche la réaction réciproque de se pro- jduire.
Peut-être aussi les fièvres périodiques, qui affligent les villesde New-Yorck et de Charlestown, sont-elles en rapport avec lemélange de matières animales et végétales aux eaux de mer. Unofficier supérieur de marine a informé M.Daniell que pendant laguerre avec l’Amérique , on avait remarqué, dans le doublagedes vaisseaux, des altérations aussi rapides que sur la côte d’Afri-que . Ne serait-il pas alors également probable que l’eau à l’em-bouchure des vastes rivières du continent américain soit aussichargée d’hydrogène sulfuré? Est-il impossible que quelquesparties des côtes d’Angleterre, celle d’Essex , par exemple, nodoivent leur insalubrité à de semblables décompositions ? La vasede la Tamise peut s’y prêter assurément, et il existe une opinionreçue que le doublage des vaisseaux se perd plus rapidement dansla Medway qu’à Woohvich ou en d’autres endroits de la Tamise .
M. D. Gardner a étendu à d’autres localités les expériences deDaniell ; il n’a plus expérimenté sur de l’eau conservée, mais ila opéré sur les lieux mêmes, et il admet aussi comme conclusiongénérale que du gaz hydrogène sulfuré se, développe toujours dansles localités marécageuses insalubres. Le réactif que M. Gardneremploie est l’argent métallique qui est doué d’une telle sensibilité