ALCALIS VÉGÉTAUX. 377
la gomme , puis la couperose, qu’on a fait dissoudre séparémentdans le reste de l’eau prescrite ; on agite le mélange, de temps entemps, et on l’abandonne au contact de l’air jusqu’à ce qu’il aitacquis une belle teinte d’un noir bleuâtre. On laisse alors reposer,on tire à clair, et on enferme l’encre dans des bouteilles, que l’onbouche avec soin. Si on veut que l’encre se conserve bien, on yajoute 11 ) grammes d’essence de lavande ou de citron, dissoutedans 100 grammes d’alcool.
L’usage de l’encre à la noix de galle ne date guère que duvn e siècle. Chez les anciens , l’encre se faisait, ainsi que Pline,Vitruve et Dioscoride nous l’apprennent, avec du noir de fumée,ou un charbon très-divisé, délayé dans une eau gommée. Maiselle était peu coulante, pénétrait difficilement dans les corps dupapier, et pouvait être facilement enlevée par le lavage ou le frot-tement. Toutefois elle résistait parfaitement aux influences at-mosphériques et aux agents chimiques les plus énergiques ; tan-dis que notre encre, à base métallique, est aisément détruitepar le chlore et les chlorures décolorants, les vapeurs acides ,les solutions alcalines caustiques , l’acide oxalique et le sel d’o-scille; l’air humide même, au bout d’un temps un peu long, al-tère tellement les caractères tracés par elle qu’il est impossiblede les lire.
Pour remédier à ces inconvénients, on a cherché depuis long-temps à préparer une bonne encre indélébile; mais la plupart nevalent guère mieux que celle examinée par un chimiste ingénieux,Clouet. Il fit écrire par l’auteur ccs mots : encre indélébile, avecsa signature. Le lendemain Clouet représenta l’écrit portant cesMots : encre délébile : il avait enlevé la syllabe in. L’Académiedes sciences , en 1837 , conseilla comme, encre indélébile une re-cette très-simple ; elle consiste à délayer dans l’eau rendue alca -line et marquant 1° à l'aréomètre de Baumé, de bonne encre deChine, qui se prépaie, comme on sait, au moyeu de décoction deplantes, de colle de peau d’âne et de noir de lampe.
g III, Des alcalis végétaux.
On donne le nom d’alcaüs végétaux, alcaloïdes . bases salifiablesorganiques, à des principes immédiats qui, lorsqu’ils sont en dis-solution dans l’alcool, ramènent au bleu le papier de tournesolvougi par un acide, et qui, combinés avec les acides, donnentnaissance à des sels qui peuvent régulièrement cristalliser. — Ladecouverte dos alcalis végétaux est une, des conquêtes chimiquesles plus importantes de notre siècle ; car ccs produits ont reçu les
32 .