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Chimie / A. Bouchardat
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404 CHIMIE.

tcnsilos, et des baquets pleins (le savon évidemment formé par lacombinaison de l’huile avec un alcali. Le savon était dans un étatparfait de conservation, quoique l’époque de sa préparation dûtremonter à plus de 1700 ans. Berthollet fut le premier chimistequi examina, d’une manière superficielle, la théorie de la saponi-fication; il crut que tous les corps gras étaientacides et jouissaientde la propriété de s’unir aux hases. Sehéele, en faisant agirl’oxyde de plomb sur la graisse pour préparer l’emplâtre simpleobserva la formation d’une matière particulière (glycérine). Onpensait généralement que l’air jouait un rôle dans la saponifica-tion.

Les choses en étaient là lorsque M. Chevreul aborda ce sujet;il consacra à l’étude des corps gras dix années (le sa vie, et lit letravail le [dus complet que la chimie possède. -■

Préparation .— Si l’on mêle 2 parliesd’lmile d’olive avec 1 par-tie d’hydrate de potasse ou de soude, dissoute dans deux fois sonvolume d’eau, et qu’on fasse digérer le mélange pendant 24 à 48heures, en le remuant de temps à autre, l’huile se combine avecl’alcali, et l’on obtient du savon qui vient surnager à la surfacede la dissolution. Quoique ce savon soit par lui-même solubledans l’eau, il se sépare néanmoins d’une liqueur saturée jusqu’àun certain point d’alcali caustique. Dans le cas dont il s’agit ici, lala liqueur alcaline est produite par l’eau cl l’excès d’alcali caus-tique.

Si l’on enlève le savon, qu’on le lave pour le débarrasser del’excès de la lessive adhérente, qu’on le dissolve dans l’eau etqu’on le décompose par l’acide hydroehlorique, celui-ci met enliberté une graisse demi-solide qui vient nager à la surface delàliqueur. Cette graisse n’est plus de l’huile d’olive ; elle se dissoutcomplètement dans l’alcool bouillant, et la solution laisse dépo-ser pendant le refroidissement des paillettes brillantes d’unegraisse qui rougit le papier de tournesol, et possède toutes lespropriétés d’un acide. En évaporant la dissolution alcoolique, onobtient une nouvelle quantité du même acide gras, et à la fin lerésidu delà dissolution évaporée donne une graisse acide qui estliquide. Cette dernière est de l’acide oléique. Si l’on recueille àpart les produits de la première et de la dernière cristallisation dela graisse acide, solide, dissoute dans l’alcool, et provenant (l’unsavon fait avec une graisse très-riche ou stéarine, qu’on redis-solve ces cristaux et qu’on les fasse cristalliser séparément, on ob-tient des cristaux qui se ressemblent beaucoup par leur aspect,mais qui jouissent d’une fusibilité différente, d’où l’on peut con-clure qu’ils diffèrent les uns des autres. Le produit de la première