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Chimie / A. Bouchardat
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417
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FIXATION DU CARBONE. 417

premier pas dans la vie végétale est une combustion d’alimentsréunis par une prévoyance admirable autour du germe. La scèneva bientôt changer : la nouvelle plante grandit, la tige s’élève , etelle produit des feuilles, des fleurs et des fruits. Si on examinecomment ces merveilleux résultats ont pu se produire, on voitbientôt que c’est par la fixation du carbone, (le l’hydrogène, del’oxygène, de l’azote et des cendres. Voyons maintenant commentces éléments ont été attirés là par la jeune plante , et quels sontles produits qui en résultent.

FIXATION DU CARBONE. — » Priestley a reconnu le premierque les feuilles avaient la propriété d’améliorer l’air vicié par lacombustion ou par la respiration ; mais il n’a point remonté à lacause de ce phénomène. Sencbier a découvert que les feuilles dé-composaient l’acide carbonique en s’appropriant son carbone eten éliminant son oxygène. 11 a observé que les feuilles fraîchesexposées au soleil, dans l’eau de source, ou de l’eau légèrementimprégnée d’acide carbonique , produisaient de l’oxygène aussilong-temps qu’il restait de l’acide carbonique dans l’eau. Il a vuque, lorsque ce gaz était épuisé, et que lorsqu’on exposait lesfeuilles dans do l’eau distillée, clics ne produisaient pas unequantité d’air [dus grande (pie celle qui pouvait être interposéedans leur propre volume.

» Ces expériences et beaucoup d’autres prouvent que le carboneprovient essentiellement de l’acide carbonique, soit qu’il ait étéemprunté à l’aeicle carbonique de l’air, soit qu’il provienne decette autre partie d’acide carbonique que la décomposition desengrais développe sans cesse au contact des racines. Mais c’estdans l’air surtout que le [dus souvent les plantes puisent leur car-bone. Comment en serait-il autrement, quand on voit l’énormequantité de carbone qu’ont su s’approprier des arbres séculaires,par exemple, et l’espace si limité pourtant dans lequel leurs raci-nes peuvent s’étendre ? A coup sur, quand a germé le gland quia produit, il y a cent ans, le chêne qui fait notre admiration main-tenant, le terrain sur lequel il était tombé ne renfermait pas lamillionième partie du charbon que le chêne lui-même renfermeaujourd’hui. C’est l’acide carbonique de l’air qui a fourni le reste,c’est-à-dire, la masse à peu près entière.

" Toutes les plantes lixeut du carbone, toutes l’empruntent àl’acide carbonique, soit que celui-ci soit pris directement à l’airpar les feuilles, soit que les racines puisent dans la terre les eauxpluviales imprégnées d’acide carbonique, soit que les engrais, ense décomposant dans le sol, fournissent de l’acide carboniquedont les racines s’emparent aussi pour les transporter aux feuil-