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Chimie / A. Bouchardat
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418 CHIMIE.

les. Tous ces résultats se constatent sans peine. M. Boussingaulta vu des feuilles de vigne enfermées dans un Ballon prendre toutl’acide carbonique de l’air qu’on dirigeait au travers de ce vase,quelque rapide que fût le courant.

« Si les racines puisent dans le sol cet acide carbonique, si ce-lui-ci passe dans la tige et de là dans les feuilles, il finit pars’exhaler dans l’atmosphère, sans altération, quand aucune forcenouvelle n’intervient. Tel est le cas des plantes végétant à l’om-bre ou dans la nuit. L’acide carbonique du sol filtre au travers deleurs tissus et se répand dans l'air. On dit que les plantes produi-sent de l’acide carbonique pendant la nuit; il faut dire que lesplantes, en pareil cas, laissent passer de l’acide carbonique em-prunté au sol. Mais que cet acide carbonique venant du sol oupris à l’atmosphère se trouve en contact avec les feuilles ou lesparties vertes, que la lumière solaire intervienne d’ailleurs, etalors la scène change tout à coup.

«L’acide carbonique disparaît; des bulles déliées d’oxygène sedéveloppent sur tous les points de la feuille, et le carbone se lixedans les tissus de la plante.

» Chose bien digne d’intérêt, ces parties vertes des plantes, lesseules qui jusqu’ici puissent manifester cet admirable phénomènede la décomposition de l’acide carbonique , sont aussi douéesd’une propriété non moins spéciale, non moins mystérieuse. Eneffet, vient-on à transporter leur image dans l’appareil de M. Da-guerre, ces parties vertes ne s’y trouvent pas reproduites, commesi tous les rayons chimiques, essentiels aux phénomènes daguer-riens, avaient disparu dans la feuille, absorbés et retenus par elle.

» Les rayons chimiques de la lumière disparaissent donc en en-tier dans les parties vertes des plantes, absorption extraordinairesans doute, mais qu’explique sans peine la dépense énorme deforce chimique nécessaire à la décomposition d’un corps aussistable que l’acide carbonique. «

Voici comment le plus illustre des chimistes, Lavoisier , s’ex-prime en parlant de ces curieux phénomènes : « Les expériencesqui ont été faites sur la végétation donnent aussi lieu de croire quela lumière se combine avec quelques parties des plantes, et quec’est à cette combinaison qu’est due la couleur verte des feuilles etla diversité des couleurs des fleurs. Il est au moins certain que lesplantes qui croissent dans l’obscurité sont étiolées, qu’elles sonlab-solument blanches, qu’elles sont dans un état de langueur et de souf-france , et qu’elles ont besoin, pour reprendre leur vigueur na-turelle et pour se colorer, de l’influence immédiate de la lumière.

« On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-