FIBRINE. 457
un refroidissement qui, en supprimant la sueur, peut modifier mo-mentanément la nature des liquides animaux, et donner à quel-ques-uns de ces liquides un degré d’acidité suffisant pour atta-quer ou ces tissus ou ces membranes, et introduire ainsi dans lesang une proportion considérable d’un principe qui, en tellequantité, en modifie les propriétés essentielles.
La fibrine exempte de graisse contient encore deux autres sub-stances. Ce fait important peut être établi en faisant agir les acidesextrêmement dilués sur la fibrine humide. Nous allons exposeravec détail une expérience qui se trouve relatée dans les re-cherches sur la digestion, qui me sont communes avec M. San-dras.
Si on prend de l’eau contenant 1/2 millième d’acide chlorhydri-que, à ce degré de dilution l’acidité est à peine sensible au goût,et l’action sur le papier de tournesol très-faible. Si on plonge danscette eau l/10 e de fibrine humide, elle se gonfle immédiatementet se convertit en un réseau de ilocons gélatineux extrêmementvolumineux.
Par une macération prolongée, les vésicules turgides se déchi- .rent, la plus grande partie de la fibrine se dissout, mais il restetoujours une proportion bien manifeste d’un produit qui n’estpoint attaqué par un excès du dissolvant, et qui, outre la graisse,est formé d’une substance qui m’a paru identique avec la matièrequi forme la base de l’épiderme, des productions cornées ou pi-leuses. La proportion de cette substance indissoute à laquelle jedonne provisoirement le nom d ’épidermose, est très-faible ; je nel’estime pas à plus d’un centième du poids de la fibrine brute ; ilest bien difficile de la doser exactement ; car on ne peut la sépa-rer de la substance dissoute que par filtration, et cette opéra-tion s’exécutant sur uue liqueur visqueuse, essentiellement alté-rable, on n’arrive qu’avec peine à une détermination quantitative.Je reviendrai ailleurs sur les propriétés de l’épidermose. Nousallons nous occuper actuellement de la substance dissoute quiconstitue la partie la plus importante de la fibrine brute.
La portion de la fibrine que l’eau si faiblement acidulée dissoutavec tant de facilité, est une matière digne d’attention, car elleforme/, comme nous le prouverons plus loin, la partie consti-tuante essentielle des matières azotées les plus répandues, tellesque l’albumine des œufs, du sang, des hydropisies, etc., le ca-séum , la partie essentielle du gluten brut des céréales. La solu-tion acide de la fibrine rougit à peine le papier de tournesol, elleprécipite abondamment par l’addition d’un excès d’acide chlo-rhydrique, nitrique, etc.; un grand excès d’acide dissout le pré-
3ü