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Chimie / A. Bouchardat
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CHIMIE.

S VI. Applications principales.

PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA TEINTURE. — L*art de la tein-ture consiste à fixer sur les étoffes, au moyen de l’attraction mo-léculaire, les matières qui agissent sur la lumière autrement quene le fait la surface des étoffes. On désigne sous le nom de ma-tières colorantes les substances qui fournissent les principes co-lorants qu’on fixe sur les tissus ; ces matières sont répandues dansun grand nombre d’espèces organiques. On trouve des racines (or-canette', curcuma, garance), des tiges (santal, campcche, brésil ,quercitron), des feuilles, des fleurs, des fruits ou semences (grainesde Perse, d’Avignon ), colorés plus ou moins fortement, et on con-naît des animaux entiers (cochenille, kermès, etc.), et des liquidescirculant dans les différentes parties de leurs corps ( sang,bile, etc.), qui présentent des couleurs très-vives, et qui four-nissent des matières indispensables à l’art de la teinture.

HISTORIQUE DE LA TEINTURE. — Nous allons , en prenantBerthollet pour guide, présenter une esquisse rapide de l’histoirede la teinture. Cet art a été pratiqué avec un grand succès dansles temps les plus reculés dont l’iiistoire fasse mention, dans lesIndes, en Perse, en Egypte , en Syrie . L’Écriture sainte contientplusieurs passages qui témoignent des connaissances des anciensdans l’art de la teinture; Salomon faisait venir de Tyr des étoffesteintes en bleu, en écarlate et en cramoisi.

L’art de teindre les toiles paraît avoir été inconnu dans I»Grèce avant l’invasion d’Alexandre dans les Indes . Pline rappor-te qu’on y teignit les voiles de ses vaisseaux de différentes cou-leurs. Il y a apparence que les Grecs empruntèrent cet art des In-diens.

L’Inde est le berceau des connaissances et des arts, qui se sontensuite répandus et perfectionnés chez les autres nations. Mais ladivision inaltérable des castes mit promptement des entraves àl’industrie ; les arts y ont été stationnaires, et il y a apparencequ’au temps d’Alexandre, la teinture s’y est trouvée à peu près aumême point qu’aujourd’hui pour les étoffes de coton et de laine,car la soie y était encore inconnue ou du moins très-rare,

Les belles couleurs que l’on observe sur les toiles des Indes ,auxquelles on donna d’abord le nom de perses, parce que c’estpar le commerce de la Perse qu’elles nous parvinrent, pourraientfaire croire que l’art de la teinture y a été poussé à un grand de-gré de perfection ; mais les procédés des Indiens sont tellementcompliqués, longs, imparfaits, qu’ils seraient impraticables ail-